jeudi 28 janvier 2016

Trajet émotion entre Chiang Mai et Phuket…

A six heures la température dans la chambre s’affiche à 19,5°. Opportunément c’est notre dernier réveil à Chiang Mai. Les rites matinaux sont effectués avec une certaine prestesse. Le « Loft restaurant » nous accueille fraichement à sept heures trente pour le petit-déjeuner. Le ciel maintient son masque nuageux, tel un Pierrot folâtre et badin au visage enfariné. J’apprécie la saveur de l’ananas de Thaïlande. Des dominos de graines de pavot de Lumpini et des fraises séchées de la fraiseraie sont savourés. Croissants et café noir pour Patrick sont complétés par un succulent brownie acheté à côté chez « Pakhinai Cafe ». Après un bref passage dans la chambre, un taxi rouge collectif nous conduit à l’aéroport. La circulation est fluide et les virages serrés du conducteur nous ballottent à l’arrière du véhicule.  Nous sommes déposés vers huit heures trente devant l’aérogare des vols intérieurs. Les cent vingt bahts convenus sont donnés, soit quelques trois euro. Une photo du taxi est prise à la volée, le taxi repartant sur les chapeaux de roues pour de nouvelles virées citadines. Dès le franchissement des portes électriques, un contrôle des bagages est effectué. Nous nous dirigeons au comptoir Thaï pour l’enregistrement. La valise part en soute. Le vol TG105 s’affiche en cours de check-in sur le grand écran plasma. Au bas des vols en partance, la date et l’heure figurent en lettres blanches sur fond bleu roi. Un escalator nous emmène au premier niveau. Nous découvrons le secteur commercial. Le salon VIP est incompatible avec notre carte Priority Pass qui est acceptée uniquement au lounge de Bangkok. Etrange !... Nous décidons de nous rendre à la porte d’embarquement. Un second contrôle est passé. Le personnel de sécurité est cool et détendu. Une jeune femme baille avec distraction devant son écran de contrôle alors que les bagages défilent devant son scanner. Les neuf heures passent. Le vol est dans une heure quarante. Nous avons du temps libre. Nous nous installons dans un café d’inspiration irlandaise nommé « Bill Bentley Pub ». Patrick sirote un café Mocha à la saveur exceptionnelle. La préparation est effectuée divinement par une jeune femme thaïe, aux gestes lents et mesurés. J’allume l’ordinateur et j’écris sur le chronojournal. Je prends plaisir à ciseler et à peaufiner quelques phrases. Les minutes s’envolent dans le bien-être de la narration. Patrick pénètre dans l’univers du magazine en français « Gavroche ». En cours d’ouvrage je buvote une boisson chaude au cacao. A dix-heures vingt nous sortons de cette agréable enclave gaélique. Une petite frayeur s’empare de nous car le vol TG105 a disparu de l’écran de la porte d’embarquement numéro sept alors que l’avion doit décoller dans une vingtaine de minutes. Nous tournons comme des derviches dans les comptoirs alentours. Le personnel absorbé éconduit notre tentative pour s’informer. Finalement une dizaine de minutes plus tard nous retrouvons le vol sur l’écran de la porte …six. Il est maintenant prévu au départ à onze heures quinze avec un retard de trente-cinq minutes. Nous sommes soulagés et les battements cardiaques peuvent reprendre leur rythme normal. Nous prenons place dans le hall d’attente assis sur des sièges en skaï bleu pervenche à la structure en métal gris clair. Durant l’affolement de certains passagers devant la volatilisation du vol 105, Patrick a repéré une dame qui, en cédant carrément à la panique, a reçu l’aide d’une hôtesse. Dans l’Airbus A330, à onze heures quarante-deux, le message «  Bienvenue sur Thaïe Airways » s’affiche sur l’écran incrusté sur chaque dossier de siège. Une carte géographique de la Thaïlande et des pays limitrophes succède, indiquant le trajet de l’avion de Chiang Mai à Bangkok. Un programme ludique est activé. A partir de six lettres affichées de manière aléatoire, il convient de former un maximum de mots en anglais. Captivés par le jeu, nous oublions notre présence dans l’avion qui atterrit sur l’aéroport de Suvarnabhum vers treize heures. Nous nous hâtons pour prendre le vol de correspondance prévu à treize heures vingt. L’embarquement a déjà commencé. Cette fois il s’agit d’un Boeing 777. Depuis l’écran incrusté dans le dossier du siège de devant, moins élaboré que celui du vol précédent, nous suivons l’avancée de l’avion qui roule lentement sur le tarmac pour son envol. Une webcam fixée sous la carlingue permet d’assister au décollage qui se concrétise cinq minutes plus tard à quatorze heures quarante-cinq. Une collation est servie. Je m’abstiens car le sandwich rangé dans un petit coffret violet allongé est non végétarien. A ma gauche une jeune femme musulmane, toute de noir vêtue, mange de bon appétit le repas proposé. Un vêtement aux couleurs bariolées transparait de sa tunique. Sa fillette est assise sur le siège opposé à l’allée. Mon regard se promène sur l’écran et sur les passagers durant le vol quiet. A quinze heures nous sommes dans l’enceinte de l’aéroport de Phuket. Je quitte quelques vêtements pour les ranger dans la valise. La chaleur est élevée. Dehors, au point de rendez-vous devant la TMB Bank, une jeune femme brune souriante tient une pancarte dans la main où mon nom est inscrit. Nous montons dans la voiture affrétée par le Novotel où nous allons séjourner à Karon Beach, à la plage de Karon. Le trajet dure un peu plus d’une heure. Nous atteignons le Resort, l’ensemble hôtelier, à seize heure quarante. Le ciel lâche des cataractes de pluie pour saluer notre arrivée. La luminosité s’estompe fortement. Zoe nous attribue la chambre 1204. Nous sommes guidés dans le dédale du vaste complexe jusqu’à notre chez nous sur l’île de Phuket. Nous nous installons. Une corbeille de fruits est présente sur un guéridon rond en bois près du lit. Nous allons dîner après dix-huit heures au « Champions Bar ». Le jeune Nattinee s’occupe de la commande. Nous savourons des rouleaux de printemps végétariens. Nous dégustons des spaghettis ; à la napolitaine pour Patrick et au pesto pour moi. Les pâtes sont agrémentées de noix de cajou de Chiang Mai. Des trombes d’eau continuent de se déverser et le tonnerre gronde par moments. A proximité un couple joue au billard. Une petite grenouille s’approche de nous pour éviter d’être emportée par l’eau qui ruisselle sur le carrelage autour de la piscine. Un oiseau au bec jaune vient se réfugier sur l’accoudoir du siège de la table voisine. Vers dix-neuf heures, nous nous faufilons entre les gouttes pour rejoindre notre chambre. La première soirée à Karon Beach s’offre à nous…

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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