La matinée
tire sa révérence. A midi nous déjeunons chez May Veggie Home. Patrick opte
pour un « Premium burger steak » et pour un jus de carotte. De mon
côté je savoure une salade « Avocado chopped salad » en sirotant un
jus de tomate Tous les jus servis à la
clientèle sont réalisés sur l’instant avec un extracteur. Après un passage au
Citadines, nous voilà partis pour de nouvelles aventures. Le ciel est grand
bleu et le soleil darde de chauds rayons. A la sortie des ascenseurs du
complexe « Interchange 21 » une photo de l’état du trafic routier est prise sur
un écran vers treize heures trente. Une partie de la route Sukhumvit est dans
les embouteillages, dans la confiture selon le terme anglais « jam »…
Nous montons dans une rame du métro souterrain et nous descendons à la station
Sam Yan. Un temple, imbriqué dans les constructions plus récentes, interpelle
le regard à la sortie du métro qui donne sur la rue Rama IV. Nous arpentons la
rue « Si Praya » pour joindre le fleuve. De magnifiques couronnes de fleurs
naturelles sont exposées en devanture d’un commerce floral. Plus loin une dame
œuvre sur une machine à coudre installée sur le trottoir. Un charmant sourire
valide son accord pour la prise d’une photo. La rue, peu fréquentée par les
touristes, montre la vétusté et le dénuement. La chaleur est étouffante et nous
marchons à l’ombre le regard régulièrement dirigé vers le trottoir au
nivellement aléatoire. Nous parvenons au fleuve Chao Phraya vers quatorze
heures trente. Je repère un comptoir où du jus de canne à sucre est réalisé sur
l’instant. J’achète au souriant vendeur une petite bouteille en plastique pour
quarante bahts, soit environ un euro. Devant le River City Shopping Center au
bord du fleuve la guérite « Chao Phraya Tourist Boat » est installée pour
la vente des billets. Nous achetons au jeune homme présent deux tickets de
bateau pour quatre-vingt bahts. La prochaine navette est annoncée pour quinze
heures. Nous patientons à côté chez « Tom N Toms Coffee », climatisé
comme presque tous les cafés. Patrick achète au jeune Sunantra une petite bouteille
d’eau d’Evian et je sirote du jus de canne à sucre. Dans la salle un jeune
garçon sirote du Coca Cola. Par mégarde, une serveuse, en déroulant un store
pour pallier aux vifs rayons solaires, renverse la canette. L’enfant reste
impassible. La jeune fille lui apporte une nouvelle canette, l’ouvre et lui
tend …ensuite elle essuie la table et le placet en bois de la chaise où le
liquide s’est répandu. Un exemple d’harmonie et de pondération dans les
rapports humains thaïs. Une fois à bord du bateau nous découvrons les rives du
fleuve. L’eau clapote gaiement au passage de l’embarcation et des gouttelettes fugueuses
jaillissent. La blancheur du superbe gratte-ciel du « Bangkok River Park
Condominium » s’impose sur la berge à tribord. Nous descendons au Pier n°8 à quinze
heures vingt. Nous traversons les étals des nombreux marchands de souvenirs et
nous pénétrons sur le site imposant du temple « Wat Pho ». L’entrée à cent
bahts par personne inclut une bouteille d’eau minérale de trois cent cinquante millilitres.
De nombreux touristes déambulent dans la vaste enceinte dédiée aux croyances
dans un étonnant syncrétisme né au fil des siècles. Dans un des temples, un
Bouddha d’or de la démesure à l’orée du parinirvâna sur son lit de mort occupe
tout l’espace. Il mesure plus de quarante mètres de long et semble dépasser les
quinze mètres de hauteur. Les pieds incrustés de nacre représentent les cent
huit états d’âme de Bouddha. Patrick participe à un rite en distribuant en
offrande un demi bath dans chacune des quarante coupes alignées le long d’un
mur garni de peintures et de fresques. Un totem de billets de vingt bahts de
couleur verte ressemble à un arbre de la donation. Nous nous promenons aléatoirement
parmi les multiples bouddhas, stûpas, temples et autres édifices. Un groupe de
jeunes filles offre aux visiteurs une danse traditionnelle sur une estrade. A
un endroit donné, une multitude de couronnes de fleurs fraîches, dont une à
l’effigie de « General Motors », sont réunies dans l’attente d’une cérémonie en
fin de journée. Nous sortons du site quelque peu saturés de toutes ces réalisations
humaines nées des croyances. Pour nous aérer l’esprit et le corps, nous allons
visiter le parc Royal Saranrom. Cette bulle de verdure est appréciée des joggers
thaïs qui évoluent en boucle dans le parc. Nous nous offrons après dix-sept
heures une vingtaine de minutes de détente sur un banc en bois vert. Devant
nous un kiosque rassemble un groupe de personnes dans une manifestation
mystérieuse. Des applaudissements ponctuent les propos d’un orateur. Après ce
temps de farniente, nous montons à bord d’un tuk-tuk qui nous dépose vers dix-huit
heures, pour quelques deux cents bahts, devant la gare de « Hua Lamphong
Railway Station ». Le chauffeur est radieux. Il encaisse la monnaie et repart à
l’instant avec un autre touriste. Durant le parcours effréné en dehors des
ralentissements, je repère à un endroit donné une vaste étendue de Bouddhas en
habit d’or destinés à la vente. Une emplette d’arachides et de noix de cajou dans
le hall de la gare permet de faire de la monnaie avec un billet de mille bahts,
la plus grosse coupure en Thaïlande, souvent refusée par les commerçants. Elle
équivaut à la somme fabuleuse …de vingt-cinq euro …nous sommes aux antipodes du
billet de cinq cents euro, probablement créé dans la démesure par quelques égos
richissimes. Une rame du métro nous dépose à la station Sukhumvit vers dix-huit
heures trente. Nous dînons chez May Veggie Home. Un « Lard Nah » et
jus d’ananas pour Patrick …et un smoothie banane, chocolat, lait de riz accompagné
d’une part de gâteau à l’orange pour moi composent la partition de notre repas.
L’addition est réglée à la fille de May qui nous remercie de notre fidélité. Un
passage au Starbucks du centre commercial Terminal 21 pour l’achat d’un muffin
mandarine cranberry précède le retour au Citadines…
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