jeudi 21 janvier 2016

Safari à dos d’éléphant en Thaïlande…

Lors du réveil à six heures, la température dans la chambre est de 25°. Une fois les rites matinaux effectués, nous allons prendre le petit-déjeuner au « Loft restaurant » à sept heures trente. Je savoure des morceaux de Dragon fruit. Patrick opte pour des pancakes à la banane agrémentés de miel. Nous patientons après huit heures la venue du véhicule qui doit nous emmener vers une équipée fabuleuse. Des photos de l’hôtel Thapae Loft sont prises dans l’intervalle, dont une horloge qui sonne tous les quarts d’heure. Une fois à bord du véhicule « Smile Elephant Home », nous arpentons les rues de Chiang Mai, avec une mère et sa fillette montées avant nous, pour prendre d’autres aventuriers : deux jeunes filles de la région de Los Angeles et un couple dans la trentaine venu d’Espagne. Le groupe de huit étant constitué nous voilà partis sur les routes de la Thaïlande du nord. A la sortie de la ville, une pause pratique dans une station-service offre d’aller au petit coin et de faire quelques emplettes au besoin. Patrick achète un sachet de noix de cajou dans un 7-Eleven à neuf heures trente. Le comptoir « Fruits Basket » propose des jus et des fruits frais. Je prends en photo l’arrière de notre taxi collectif où un stock de bananes est disposé sous les deux banquettes. Des packs de bouteilles d’eau minérale sont chargés. Un café « Amazon » a pris place dans un écrin de végétation efflorescente colorée agrémentée d’une cascade et d’un bassin où ondoient quelques poissons. A côté une fontaine circulaire chante une mélodie aquatique. Une quinzaine de minutes plus tard, nous reprenons la route. L’air s’engouffre par l’arrière et les côtés ouverts aux quatre vents. Des rizières, ombragées de temps à autre de palmiers luxuriants, modèlent le paysage au milieu d’une végétation qui devient plus épaisse et touffue au fil de notre grimpée. Des travaux de chaussées sont dépassés. Vers dix-heures vingt, la camionnette bifurque à gauche sur une route de montagne devant une épicerie de petite bourgade. La route se transforme en chemin cahoteux. Je m’agrippe au siège et à une barre située au plafond pour éviter d’être cabossé. Sur une dizaine de kilomètres nous sommes ballotés au gré des ornières de la chaussée en terre. Creux et bosses s’alternent pour maintenir notre vigilance. Le paysage est magnifique. Des cultures en terrasses s’offrent aux regards captivés. Vers onze heures nous parvenons à destination dans une vallée retirée. Nous descendons aux pas un petit chemin de terre pour joindre un petit village de montagne où quelques cabanes et cases en bois nous accueillent. Ce lieu idyllique est entouré d’une végétation digne de la jungle de Mowgli, le célèbre personnage du « Livre de la jungle » de Kipling… Une communauté de quatre éléphants se dévoile à nos regards éblouis. C’est la première fois que je vois un éléphant pour de vrai. Les trompes s’agitent. Nous faisons connaissance  avec les éléphants. Nous nous rendons ensuite dans une des constructions en bois visitées toute l’année par le vent pour changer de vêtements. Des habits de « mahout » nous sont fournis. Nous enfilons une sorte de pantacourt très ample et un genre de poncho en grosse toile échancré en forme de V sur l’avant et sur l’arrière. Le groupe des huit accoutrés s’aligne sur un banc pour suivre un enseignement, donné par Monsieur Sun le manager du « Chiangmai Mahout Training Center », sur la manière de diriger le pachyderme une fois assis sur son dos. Il nous apprend le langage de base pour diriger l’éléphant. Par exemple, il convient de dire d’une voix ferme « Paï » pour avancer, « How » pour dire arrêt, « No Long » pour faire accroupir l’éléphant pour descendre à terre en posant le pied sur son genou. Je tente tant bien que mal de mémoriser le son phonétique des termes reçus. Nous retournons ensuite vers les pachydermes. Sur une longue table en bois les bananes sont étalées et distribuées à tout un chacun pour nourrir les géants. Je mets directement dans la bouche des éléphants les bananes une à une, je procède aussi en glissant le fruit avec la peau dans un des deux orifices de la trompe. L’animal courbe sa trompe pour porter à ses muqueuses très épanouies le fruit fortement apprécié. La gourmandise semble sans fin car les quelques centaines de bananes apportées sont presque toutes englouties. Quelques-unes sont gardées dans la poche avant du pantacourt pour le safari. Chaque participant est convié à grimper sur le dos de l’animal. La première tentative est fructueuse. Je prends Patrick en photo durant son ascension et son visage réjoui immortalise la plénitude de l’instant. Le grand moment est venu. La femelle « Meckiao » sera notre compagne de route. Nous grimpons tour à tour sur son dos. Je suis assis derrière Patrick et je me maintiens « à bord » en tenant à deux mains le cordage entouré d’une ganse plastique déjà bien fatiguée. La maman et sa fillette de bientôt trois ans, toute comme les quatre autres participants, sont en selle. C’est une façon de parler car nous sommes montés à cru sur l’échine. Le convoi se met en mouvement. Le safari dans la jungle commence. Les pentes sont raides et les chemins escarpés. Les éléphants, très autonomes et opiniâtres, décident de s’arrêter pour manger des feuillages. Nous sommes ballotés dans les branchages. Patrick dirige vers la trompe de Meckiao la verdure à sa portée. Le repas est copieux, la faim semble insatiable et les minutes s’égrènent sous le grand ciel bleu. Le soleil darde de chauds rayons. Je me rappelle une des informations de Monsieur Sun ; l’éléphant boit quelques deux cents litres d’eau par jour… Le safari reprend. Tantôt nous sommes en tête de convoi, tantôt nous sommes au milieu de la caravane. Au rythme de notre avancée, je sens les poils drus de l’animal frotter contre mes jambes. Il avance paisiblement à sa cadence sans s’occuper de ses passagers. Même si mes fesses sont à la dure sur sa croupe, j’apprécie cette aventure captivante. Le safari dure une cinquantaine de minutes. De retour au campement le mot « No Long » est prononcé. L’animal se rapproche du sol en pliant le genou et nous descendons à terre. La dernière banane est offerte à notre compagne de route pour la remercier. Le groupe est convié à se restaurer. Nems, « Pad Thaï » et pastèque composent la partition de l’excellent menu. La table en bois flanquée de bancs en rondin est proche d’une cascade. Le son mélodieux de la chute d’eau écumante agrémente le repas. Les mets sont appréciés par les convives qui font honneur au repas. Les restes sont donnés aux chiens par Monsieur Sun qui se régalent. Un temps de détente au bord de la chute s’offre à nous. Assis sur un tronc d’arbre au travers du cours d’eau, nous trempons les pieds dans l’eau glacée. Du thé et du café sont proposés. Nous rejoignons ensuite le groupe parti pour la baignade des pachydermes. Des photos sont prises dans la bonne humeur. Je m’assoie sur la roche dans le bien-être. Les minutes s’envolent joyeusement autour des éléphants qui batifolent facétieusement dans l’eau. Un animal asperge de sa trompe une des jeunes filles américaines qui éclate de rire. Un autre s’immerge complètement dans la vaste marre. Après leurs ablutions, les mastodontes, montés de leur mahout, ou cornac dans d’autres cultures, le soigneur de l'éléphant, s’éloignent en file indienne. Nous retournons au campement. Farniente et détente s’empare du groupe. Le jeune espagnol, torse nu, se baigne dans l’eau glacé. Il se place sous la chute d’eau. Il est rejoint dans l’eau par une des américaines. Patrick s’amuse avec Inaïa et sa mère, qui viennent de l’île de la Réunion, à jouer à « 1-2-3 soleil ». Des articles artisanaux sont proposés à l’achat en souvenirs. Le moment du départ arrive. Nous saluons avec émotion les personnes présentes vers quinze heures. Le trajet retour se déroule sans arrêt. Nous entrons dans la périphérie de Chiang Mai vers seize trente. Je prends en photo un side-car qui roule à vive allure. La caisse carrossée monoplace fixée latéralement à la motocyclette transporte l’étal du commerçant ambulant. Plus loin une montagne de bacs alimentaires alvéolés de stockage d’œufs est immortalisée sur la pellicule. Les milliers de coquilles sont toutes à l’air libre et à la chaleur. Une demi-heure plus tard nous sommes déposés à l’hôtel. Nous allons nous désaltérer après cette aventure chez « Taste from Heaven ». De la crème glacée de noix de coco fond dans la bouche et des jus carotte pomme gingembre sont sirotés. Une balade alentours dans Chiang Mai nous offre de voir un convoi de tuk-tuk sortir du sanctuaire « Wat Chedi Luang ». Les deux portes latérales fermées nous permettent de voir les magnifiques battants réunis. Des cartes postales sont achetées sur Ratchadumneon Road. Nous nous dirigeons ensuite au « D-Bistro » où nous dînons vers dix-huit heures quarante-cinq. Je déguste un cheese-cake aux trois chocolats en appréciant un chocolat chaud amer. Patrick savoure un « apple custard pie », une part de tarte aux pommes en sirotant du thé Earl Grey. A la nuit tombée nous retournons tranquillement au Thapae Loft après la prise de quelques photos. Un essaim de chinois sort d’un car pour aller dîner dans un restaurant …chinois… Morphée nous accueille pour la nuit après cette fabuleuse journée en compagnie des éléphants…

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