Au moment du
réveil à six heures, la température dans la chambre est descendue à 22°. Les
rites matinaux précèdent le petit-déjeuner au « Loft restaurant » vers sept
heures quarante-cinq. Le manteau nuageux assombrit le jour naissant et la
température est froide. La jeune serveuse emmitonnée porte un chaud bonnet de
laine sur la tête. Nous sommes les seuls clients dans la salle. Seule la
froideur de l’air est présente à nos côtés. Je mâche avec application des
morceaux d’ananas. Patrick s’offre des croissants et du café noir. De retour
dans la chambre, je grusine quelques bouchées d’oléagineux et graines du parc
Lumpini. La narration de la journée d’hier, après un regard sur le site de Thaï
Airways International, est composée sur le chronojournal. Le récit est publié
avant midi sur le blog. Nous déjeunons chez Nan. Comme partout la température
ambiante extérieure baisse et chacun s’habille comme il peut pour pallier à la
froidure imprévue. Cela génère parfois des accoutrements hétéroclites
constitués de vêtements d’été disparates portés les uns sur les autres ...comme
c’est mon cas. Je savoure à nouveau le mets succulent « Crispy Morning Glory »
escorté d’un demi-avocat mûr et d’un jus carotte, betterave et concombre.
Patrick sirote du thé Earl Grey et déguste un sandwich végétarien après un
velouté de courge. En sortant du restaurant, nous entrons à côté chez le libraire
irlandais où Patrick achète deux livres de poche en français pour moins de deux
cents bahts. Les parapluies de l’hôtel, étiquetés « Thapae 302 »,
sont ouverts pour se protéger de la pluie qui tombe paisiblement, indifférente
à l’agitation générale due au brusque changement de climat. Nous réintégrons la
chambre vers treize heures. Une sélection de photos pour imager la page d’hier
du blog est effectuée. Patrick profite d’une petite sieste et entame une séance
de lecture les jambes allongées sous la couette. Une fois les photos publiées
sur le blog Siam, j’effectue une recherche sur le web à propos des complexes
commerciaux à Chiang Mai. Quatre « shopping Center » se dévoilent sur
le web dont le « Maya » sur Charoen Mueang qui emporte mon adhésion de par son
appellation et sa construction récente. Nous quittons la chambre vers quinze
heures pour nous rendre sur place en taxi collectif. Depuis l’arrière du
véhicule, je vois régulièrement d’énormes flaques d’eau sur la chaussée. Un
couple d’asiatique monte en cours de trajet. Spontanément la jeune femme
s’adresse à nous et nous questionne. Nous bavardons jusqu’à sa descente comme
si nous nous connaissions de tout temps. Un second couple asitique, vêtu de
coupe-pluie transparent plastifié, monte à son tour en cours de discussion.
Notre interlocutrice est une chinoise de Singapour qui travaille sept jours sur
sept à Hong Kong et à Shanghai. La durée de ses vacances est de quinze jours.
Elle est abasourdie d’entendre que nous restons deux mois en Thaïlande. Des
photos sont prises. Celle effectuée avec son iPad sera envoyée à notre adresse
email pianotée sur son appareil Apple. Avant de sortir du taxi la jeune
personne, dans un élan, m’offre un hug d’une courte éternité que j’apprécie
pleinement. Elle me sert fort dans ses bras et je suis enchanté de cette
étreinte. Nous arrivons à destination vers quinze heures trente. Cent bahts
sont donnés au chauffeur au lieu des quarante bahts par personne indiqués par
la réceptionniste de l’hôtel. La façade du nouveau centre commercial entre dans
notre champ de vision. Un petit temple blanc à la prestance élancée a pris
place sur la gauche de l’esplanade présente en haut de la volée de marches
conduisant au complexe. Des photos sont prises. Nous entrons. Le savoir-faire
thaï dans la construction de centres commerciaux se confirme à nouveau ici. Un espace
grandiose s’ouvre largement sur le ciel où un plafond vitré ovale à damiers en
relief laisse transparaître le manteau nuageux clairsemé. Les ascenseurs sont répartis
dans deux colonnes carrées en verre qui atteignent le soffite. Une
superposition harmonieuse d’escalators traverse l’espace intérieur telles des
passerelles entre les différents mondes mercantiles. Des écrans géants
rappellent que la Thaïlande aux mille contrastes est aussi à la pointe de la
haute technologie visuelle. Nous découvrons cette nouvelle réalisation. Nos pas
glissent sur le sol crème majoritairement carrelé à l’image d’un échiquier
monochrome. Je photographie un superbe fauteuil design dans une aire de
farniente où un jeune homme thaï pianote sur son téléphone portable. Un couple
de nounours malabars, debout de chaque côté d’un sapin, me rappelle les alpages
de Haute-Savoie. Au troisième étage la chance nous offre de découvrir l’exposition
d’une centaine de photos aux thèmes variés réalisées un peu partout sur Terre par
une trentaine de photographes, dont une petite dizaine est basée à Chiang Mai.
Cette exposition a introduit la 8ème édition de la « Chiang Mai
Photographer’s 8th Annual Exhibition ». Je lis sur le web que la cérémonie
d'ouverture a été réalisée par le Consul Général des États-Unis Michael Heath. Dans
un espace de détente vitré donnant sur l’entrée principale, je suis pris en
photo entre deux femmes mannequins cyclopes. Une trentaine de minutes de détente
se déroule au « Doi Chaang Coffee by Wat » après seize heures. Les
boissons, cacao et café Mocha, servies et préparées par la souriante Koy, sont embellies
en surface d’un cœur de mousse blanche. Elles sont sirotées dans des tasses
transparentes à l’effigie du café. Dans le « Food Court » du niveau
moins un, après une visite du magasin « The Northern Souvenirs », nous
partageons une barrette « Chocolate Danish » achetée pour dix bahts soit une
vingtaine de centimes d’euro. Seuls les chiffres sont compréhensibles sur le
ticket de caisse imprimé entièrement de signes thaïs. Aux toilettes du centre je
suis épaté par les cuvettes des waters équipées de tout un système électronique
pour le confort hygiénique des clients. Au rez-de-chaussée, nous entrons chez « American
Eagle Outfitters ». La séduction de certains vêtements chauds opère, favorisée
par le changement de climat. Nos habits d’hiver sont restés à Bangkok au
Citadines ; comment imaginer une seule seconde ce revirement
météorologique. C’est une période de solde et nos emplettes sont effectuées
avec un rabais de cinquante pour cent. Les vendeurs attentifs nous témoignent
leur intérêt. Nous passons en caisse à dix-sept heures quarante. Un sweater,
une sorte de chandail épais avec sa capuche, une chemise à grosse toile à
motifs sur fond jaune et un tee-shirt arborant un aigle aux ailes déployées changent
de propriétaires. J’enfile immédiatement le sweater et je revêts la chemise. Nous
sortons ensuite du centre commercial. La pluie a cessé. Nous tentons de héler
un taxi collectif rouge. Malgré un positionnement dans divers endroits du carrefour
à la circulation pourtant
intense, nous sommes bredouilles. Une touriste anglophone nous indique la
direction de la porte Tha Pae Gate. Nous retournons finalement vers la sortie
du Maya et, soudain, vers dix-huit heures, un tuk tuk apparait comme sorti de
nulle part. Le chauffeur accepte de nous conduire à l’hôtel. Nous lui montrons
l’étiquette du parapluie où figure le nom de l’hôtel. Il fixe lui-même à cent
vingt bahts le prix de la course. Nous acceptons spontanément de lui verser
trois euros à notre arrivée. Avant de se fondre dans le trafic, il assure la
fixation de parois latérales flexibles ajoutées pour la période d’intempéries.
Le trajet retour dure une vingtaine de minutes, il est direct et rapide. A
l’aller le taxi collectif a fait des détours pour déposer les deux couples.
Devant l’hôtel le tuk-tuk est photographié à la nuit tombante. Nous allons
dîner au D-Bistro. Le repas se déroule sur un peu moins d’une heure. Les tables
sont occupées et la valse des serveurs laisse régulièrement la porte de la
terrasse ouverte. Elle est située entre le hall d’entrée et l’arrière salle
fermée un peu chauffée où nous avons pris place. Nous refermons régulièrement
le battant qui reste souvent ouvert. Nous savourons chacun un velouté de
champignons à la crème servi avec une boule de pain chaud et du beurre salé ;
un régal. Patrick opte ensuite pour des spaghettis Carbonara et je commande des
Crispy Cake au riz. En sortant du restaurant, des noix de cajou sont achetées pour
cent bahts à une souriante et sympathique jeune femme bien emmitouflée. Les
marchandises à vendre sont disposées sur un étal, nappé d’une étoffe rouge, installé
sur le trottoir sur des tréteaux métalliques. Un jeune garçon la tête enfoncée
dans un bonnet en laine joue sur son téléphone. La détaillante est prise en
photo avec les pouces relevés. Nous retournons au Thapae Loft en évitant les
flaques d’eau égarées sur le sol. La soirée se déroule dans la relative
fraicheur de la chambre. L’hôtel et les chambres sont exempts de tout système
de chauffage…


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