Les minutes
de la matinée s’égrènent sans se préoccuper de nos activités créatives au
Citadines. A midi nous sommes chez « May Veggie Home » pour déjeuner.
Des rouleaux de champignons effilés shimejis thaïs enveloppés dans une feuille
de jambon végétarien révèlent leur saveur. Une salade de crudités agrémentée de
cubes d’avocat mûr et d’arachides est savourée. Des pâtes de riz aux dés de
tofu cuisinées avec une sauce au curry réjouissent les papilles de Patrick. Nous
sirotons du jus de goyave durant le repas. L’addition est à nouveau rédigée à
la main car l’ordinateur de la caisse est encore en rébellion. En début d’après-midi
nous sommes au centre commercial « Terminal 21 » proche de notre
hôtel. Ouvert en 2011 et modélisé à l’image d’un aéroport, il permet à ses
visiteurs de faire escale dans diverses capitales du monde tout en faisant des
emplettes. Nous atterrissons à Los Angeles au sixième niveau, dans une ambiance
hollywoodienne, pour nous rendre à la boutique « AV Center » dans le
dessein d’acheter un nouvel appareil photo. Une œuvre d’art en bronze dévoile
diverses statues affairées au tournage d’un film avec une caméra sur pied plus vraie
que nature. Notre choix se porte sur le modèle Fuji xp80 blue. L’hôtesse thaïe,
petite, brune à la chevelure mi longue, aux yeux vifs est courtoise, attentive
et efficace. L’acquisition s’effectue en un court laps de temps. La housse est offerte. J’étrenne l’appareil
de suite en prenant en photo la devanture du magasin et le distributeur ATM où
un retrait a été effectué pour le règlement. Nous déposons les accessoires au
Citadines pour nous rendre ensuite à la station du métro souterrain. En sortant
de la rame, une dame âgée me fait un petit signe de la main. Nous sommes à la
station « Si Lom » pour joindre le métro aérien « Sala Daeng » par la
passerelle au-dessus du sol où j’ai perdu l’équilibre hier soir. Nous descendons
à « Saphan Taksin » pour entrer dans le port principal « Sathorn »
situé tout à côté. Nous montons à bord d’un bateau qui remonte le fleuve. La
croisière débute ici et nous pouvons nous asseoir sans avoir à rester debout
comme lors des périples précédents sur le Chao Phraya. Le voyage au fil de l’eau
commence. Des gratte-ciels étonnants dressent leur silhouette alentours. Assis
au bord de l’eau, Patrick prend des photos. A chaque escale, l’embarcation
emporte de nouveaux passagers qui obstruent partiellement la vue en restant
debout, ballottés par les soubresauts du canot à moteur. Une dizaine de
kilomètres plus loin, nous atteignons quarante-cinq minutes plus tard à seize
heures trente le débarcadère de « Phra Arthit ». Devant nos yeux
éblouis, le magnifique pont à haubans « Rama VIII Bridge », au design
asymétrique avec un seul
pylône en forme de Y inversé, traverse majestueusement le fleuve. En
prolongement de l’appontement flottant sur pilotis, nous nous baladons dans le parc
ombragé « Pom Pra Sumen » où trône une forteresse de forme octogonale tout
de blanc vêtue. Située à l'intersection de Phra Athit Road et de Phra Sumeru
Road, elle fut construite sous le règne du Roi Rama 1er en 1783.
Nous flânons le long du canal qui borde le fort. A son embouchure, telle une mare
croupissante tombée dans l’oubli, il accumule à sa surface un étang de détritus
prisonniers. Nous questionnons, en vain, divers autochtones et touristes
francophones sur la présence d’un marché flottant annoncé dans ce quartier par
le guide touristique. A dix-sept heures nous bifurquons à droite dans Samsen
Road où se dresse l’hôtel « Diamond House ». L’établissement de caractère
thaïlandais, paré de couleurs orange et vert brillant, dispose d'un
toit-terrasse pourvu de végétation. Nous retournons progressivement vers le
parc pour prendre un tuk-tuk à destination de l’embarcadère « Phanfa » situé à
une encablure du « Democracy Monument ». La barge bondée dans laquelle nous
avons pris place jaillit sur les eaux troubles du canal « Klong Saen Saeb » tel
un fougueux étalon fendant les flots avec vigueur et assurance. Nous descendons
une quinzaines de minutes plus tard à « Saphan Hua Chang ». Nous marchons sur
le bord du canal, muni d’une haute barrière tubulaire coudée piquée de rouille,
pour approcher la propriété de Jim Thomson cachée par la végétation à la lisière
du cours d'eau artificiel. Des graffitis se dévoilent le long du parcours. Des
vêtements colorés suspendus sur des cintres à une tringle de fortune fixée
entre deux montants du garde-corps dodelinent au gré des déplacements d'air
générés par le fougueux passage des bateaux. La présence inattendue d’un autel est
une surprise. Nous arrivons chez Jim un peu avant dix-huit heures pour un temps
de détente doublé d’une collation gourmande en guise de dîner. Du jus de coco
est siroté en dégustant les douceurs. J’opte pour une part de gâteau au
chocolat et pour une tartelette aux oléagineux. Patrick choisit un « Cinnamon
Roll », un roulé à la cannelle agrémenté d’une boule de glace. Le jour
décline laissant la part belle aux moustiques à la nuit tombante. Le serveur, prévenant,
nous apporte un spray à base de citronnelle que je pulvérise sur bras et
jambes. Malgré cette attention les insectes femelles piquent la peau pour
aspirer quelques infimes gouttelettes de notre sève de vie. Les ombres
envahissent lentement le bassin favorisées par l’éclairage tamisé de la
terrasse. Une heure s’écoule dans le bien-être… Nous longeons à nouveau le
canal où un bateau impétueux manque de nous éclabousser. Nous traversons une
partie du Siam Center, construit en 1973, pour prendre le métro aérien afin de
joindre la station Asoke située vers le Citadines. Un muffin mandarine
cranberry est acheté au souriant Kaveewat au Starbucks de la tour Exchange. L’esprit
baigné des souvenirs nautiques de la journée, nous passons la soirée dans le
confort de l’appartement…

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