Lors du
petit-déjeuner au « Loft restaurant » vers huit heures, je découvre la saveur
fruitée de l’ananas de Thaïlande. Patrick opte pour des pancakes, de petites
crêpes épaisses agrémentées de rondelles de banane et de miel coulant… La
narration de la journée d’hier se continue durant la matinée. L’actualisation
du blog Siam et la consultation des messageries se déroulent avant le déjeuner.
Nan nous accueille après onze heures trente. La salle est déjà pleine. Elle
s’organise pour libérer deux places à notre attention. Sa prévenance et son
efficacité sont remerciées vivement. Une table de quinze couverts est réservée.
Les convives arrivent ; une famille asiatique composée de plusieurs générations
s’installe. Le patriarche trône en bout de table. Des smoothies de différentes
couleurs sont déposés devant les enfants. La bonne humeur règne dans le
restaurant. Patrick savoure des aubergines vertes de Thaïlande en sauce avec du
riz brun. Je déguste des légumes variés en sauce parsemés de cubes de tofu et
accompagnés d’une salade de crudités. Nous sirotons du jus carotte, pomme et
gingembre. Je photographie sur le mur à côté de la table, un article paru en
français en mars 2012 dans le magazine « Chang Puak »… Après un
excellent repas, nous retournons lentement au Thapae Loft en laisser flâner nos
regards dans divers magasins de la rue. Une boutique propose des cartes
postales en bois avec des motifs pyrogravés. Un atelier d’imprimerie avec un
large massicot électrique pour couper de grandes feuilles de papier vert clair
posées en ramettes sur le sol émerge du passé. Cela me rappelle celui d’un
imprimeur de Borly à qui mon père confiait des travaux d’imprimerie au début
des années 1970. Etonnante cette matérialisation inopinée de souvenirs avec un
décalage temporel de plus de quarante ans !... Un peu plus loin dans un
local en angle au croisement avec la rue où se situe le Thapae Loft, ouvert à
tous les vents, une kyrielle de boîtes d’aliments divers en gros à vendre au
kilo sont rangées et empilées sans aucune présence humaine décelée au
moment de notre passage ; les dix préceptes fondamentaux du bouddhisme
réfrènent le vol …d’où une certaine insouciance vis-à-vis des objets matériels.
Alors que nous allons atteindre l’hôtel, un taxi collectif rouge dépose des
passagers sur le bord du trottoir. Sans hésiter, je profite de cette situation
chanceuse et je talonne le chauffeur pour le questionner à propos d’un périple
envisagé dans la région. Les propos sont échangés en anglais. Nous réservons
son taxi pour la journée de lundi en convenant d’une somme d’argent de mille
bahts pour son service, soit environ vingt-cinq euro. Nirun nous remet sa carte
professionnelle en indiquant les chiffres 10-5966 au verso qui correspondent au
numéro d’immatriculation de son véhicule. Nous nous donnons rendez-vous devant
l’hôtel lundi à dix-heures trente. Je suis enchanté par cet heureux hasard…
Dans la chambre un ouvrage sur Excel via le web est effectué. Un mail est
envoyé à Daniel et Lucienne avec le lien Facebook sur le safari… Après quatorze
heures, une balade à la lisière du Chiang Mai historique commence. Nous suivons
Ratchadumneon Road. Sur le trottoir une dame en pantalon rose assise en amazone
sur un scooter propose à la vente des éventails artisanaux colorés pour se
rafraichir en agitant l’air. Je suis gratifié d’un éclatant sourire par deux
fois. Nous franchissons le mur d’enceinte en pierres rouges au niveau de la
porte « Tha Pae Gate ». Nous suivons le trottoir à l’ombre de la rue
Tha Pae Road qui mène notamment à la gare. Nous essayons divers distributeurs
ATM pour éviter, vainement, la commission de deux cents bahts par retrait cash.
Nous découvrons fortuitement le sanctuaire « Wat Bupparam ». Nous entrons pour
une visite. Le site est en effervescence ; moult tuk-tuk et touristes,
asiatiques pour la plupart, ont pris possession du lieu. La présence du temple,
d'influence birmane, remonte à la fin de notre quinzième siècle. Il fut
construit sur deux niveaux par le roi Phra Kaeo Muang sur le site d'un palais
de son grand-père le roi Thokarat. Dans la salle supérieure, un Bouddha en teck
a été laqué de blanc et de jaune clair. Dans les jardins accolés au temple, des
statues d’animaux attirent les regards, telle une ébauche d’arche de Bouddha.
Tigre, girafe, rhinocéros, jaguar, zèbre, autruche, cobra, panda, cerf,
chameau, aigle, buffle d'eau, éléphant et autres animaux probablement
mythiques, se dévoilent de façon inattendue. Je remarque avec amusement une
petite statue insolite de Donald Duck mangeant distraitement un bol de nouilles
chinoises. Des scènes de la vie de Bouddha sous l'arbre de la Bodhi se
dévoilent. Une photo montre Siddhartha Gautama confronté à Maya, définie comme
l’illusion d’un monde générée par son cerveau. Un autre cliché montre Bouddha
qui se coupe les cheveux. Une bibliothèque a pris place sous le temple
accessible par un escalier en pierre à double révolution où des dragons verts à
cinq têtes parés de rubis et des serpents d’or à trois têtes s’étalent sur les
rampes d’escaliers. Des livres d’écoliers ont pris place dans les rayonnages
parmi d’autres ouvrages anciens. Deux croquis figuratifs réalisés à l’encre
noire sont photographiés. A la sortie de cette collection d’ouvrages en langue
thaïe, une dame nous propose pour cent bahts de favoriser la chance en libérant
trois oisillons tenus captifs dans un panier ovale tressé en lanières de
bambou. Nous acceptons. J’ouvre précautionneusement la petite cage pour laisser
le temps à Patrick de photographier l’envol des oisillons. Mus par la soif de
liberté ils jaillissent avec impétuosité en laissant une légère empreinte sur
la photo. Une heure s’égrène sur la trame du temps lors de la découverte du
temple. Plus loin sur la rue j’admire dans la vitrine d’un tailleur une
magnifique chemise noire brodée de motifs d’or décorée de deux éléphants. Une
dizaine de minutes plus tard, dans une échoppe, nous achetons le magazine en
langue française « Gavroche Thaïlande » de janvier ainsi que deux
cartes postales en bois pour nos parents avec les timbres appropriés au regard
du poids pour l’envoi. Nous arrivons à un rond-point où un petit parc permet de
prendre en photos quelques éléphants miniatures à proximité d’un bouquet de
tulipes géantes rouge et jaune. Nous atteignons la rivière Ping et nous
décidons de faire demi-tour. Pour éviter d’effectuer le trajet retour à pied,
une fois dépassé l’édifice original de la « Alex Aesthetic Clinic »,
à la façade en verre d’inspiration moucharabié, la chance nous offre de
rencontrer un monsieur sans âge assoupi dans une petite carriole sur le
trottoir. Nous lui demandons de nous déposer à la porte Tha Pae à bord de son
vélo-taxi. Durant une courte tractation pour le prix, l’homme nous touche le
bras, l’épaule et le dos avec naturel. Je pense à Claudius qui avait cette
facilité dans les contacts humains. L’homme est membre du Rotary Club de Chiang
Mai comme en témoigne sa chemise bleu marine. Le trajet en amoureux dure dix
minutes. Je suis conquis par le personnage qui pédale avec lenteur et
régularité pour nous tracter. De temps à autre il se retourne pour dire «
number one »… Arrivés à destination, nous lui donnons deux cents bahts.
Nous allons nous désaltérer dans le Starbucks situé à deux pas. La jeune,
petite et souriante Thunyaka nous accueille à la caisse à seize heures
trente-sept. Nous sirotons des boissons chaudes en consultant le magazine « Chang Puak » de janvier 2016 à
disposition de la clientèle. Nous retenons quelques informations et lieux de
découverte sur Chiang Mai. J’apprécie le chocolat chaud à la chantilly dans l’ambiance
détendue du café. Nous retournons dans la chaleur et la moiteur de l’air après
ce temps de détente climatisé. Nous tentons de repérer dans la vieille ville un
restaurant végétarien cité dans le magazine. Nous longeons Mun Mueang Road où
se situe l’entrée du temple « Wat Dokkhamet » et nous bifurquons à
gauche dans Ratvithi Road. Nous passons devant un superbe édifice inconnu en
fin de construction à la façade en bois de teck et pierre blanche moulurée.
Plus loin dans la rue, chez le libraire « On the road books », le
livre d’Hermann Hesse « Siddhartha » est acheté pour cent vingt
bahts, soit quelques trois euro. A gauche dans Ratchapakhinai Road nous passons
devant le temple « Wat Pan Ping » sans toutefois s’arrêter. Nous
atteignons le restaurant chinois aux lampions rouges « Hot Chili » où
une photo est prise. A sa droite, avant le D-Bistro, je visite brièvement l’hôtel
« Moon Dragon ». La cour intérieure est accueillante avec ses volets
à persiennes marron clair. Nous flânons avant le dîner. Dans l’enceinte du
temple « Wat Chedi Luang », à la nuit tombante, le coucher de soleil
génère des nuances de parme dans le ciel. Des photos sont prises. Après
dix-huit heures trente nous dînons chez « Pakhinai Cafe » en face de l’hôtel.
Nous choisissons chacun une part de gâteau chocolat banane, réalisé par notre
hôtesse. Je teste la saveur d’un smoothie chocolat banane chantilly et de son
côté Patrick découvre celle d’un smoothie aux fruits rouges. Nous nous régalons
et les papilles gustatives sont enchantées. Les minutes se dispersent peu à peu
dans la nuit. Après ce repas raffiné savouré en gourmet, nous retournons passer
la soirée au Thapae Loft…
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