mercredi 27 janvier 2016

Coup de cœur pour un éléphant blanc à Chiang Mai…

La nuit a été fraiche et au lever la température s’affiche à 19,7° sur l’horloge de poche. Les rites matinaux s’inclinent pour laisser la place au petit-déjeuner au « Loft restaurant ». Le ciel semble s’habituer à son manteau nuageux. La température estivale s’est envolée. L’horloge de poche emportée par curiosité indique une température en baisse dans la salle du petit-déjeuner ; en fin de collation elle affiche 17°. J’apprécie de déguster des morceaux d’ananas et quelques dominos de graines de pavot du parc Lumpini. Patrick savoure deux croissants avec une tasse de café noir. Comme hier, nous sommes les seuls clients dans la salle. De retour dans la chambre, notre messagerie perso est consultée. Un mail de Jean et Francette, de Daniel, de Sylvain et de la jeune chinoise de Singapour se dévoilent. La narration de la journée d’hier se peint avec des mots sur le chronojournal. L’envolée du récit est publiée sur le blog Siam avant le repas. Nous déjeunons pour la dernière fois chez Nan. L’impermanence de chaque rencontre s’illustre dans le mouvement de la vie qui offre d’effleurer brièvement des existences à la croisée des chemins, comme celle de Nan et de ses charmantes et efficaces collaboratrices. Je renoue avec la saveur d’une « Banana Blossom Salad ». Les fleurs de bananier baignées d’une succulente sauce crémeuse à base de « Tom Yum Paste » et associées à un avocat mûr sont un régal pour les papilles. Un jus maison carotte, pomme et concombre est siroté. Patrick teste avec succès une omelette thaïe aux oignons accompagnée de frites maison et d’un thé Earl Grey. Après le repas, en retournant au Thapae Loft, nous traversons le temple « Wat Phakhao » situé à deux pas du restaurant. Les temples bouddhistes jouent admirablement avec l’effet trompe-l’œil. Je photographie un arbre à la magnifique floraison rose et rouge pour m’apercevoir ensuite en approchant que les fleurs sont toutes en soie. Les tiges plastifiées sont piquées dans les branches. Dans le temple, j’aperçois depuis l’entrée des moines en pleine méditation. Absorbés et contemplatifs, d'une immobilité absolue, ils sont figés comme des statues. Patrick en visite à l’intérieur me révèle en sortant qu’il s’agit de mannequins plus vrais que nature ; artifices et illusion de la réalité… Des photos sont publiées sur le blog Siam sur la page de la journée d’hier. Les messageries sont consultées. L’enregistrement en ligne pour les vols aériens de demain est effectué sur le site « Thai Airways International ». Après quatorze heures nous cheminons sur Ratchapakhinai Road. Quelques photos de bâtisses sont prises le long du parcours. Nous parvenons au canal qui ceinture la vieille ville. Nous bifurquons à gauche dans Manee Nopparat Road. Un homme pousse sur la chaussée une charrette métallique au contenu insolite. Nous atteignons la porte « Chang Phuak Gate » en longeant l’ancienne douve royale qui ceinturait le mur de fortification de la ville historique. Notre objectif, le grandiose et monumental Bouddha drapé d’une kesa d’or du temple « Wat Rajamontean », se dévoile. Un pont fleuri en bois traverse le canal devant le temple. Au centre de la rambarde, devant un petit kiosque à la toiture élaborée, un écriteau laisse lire les mots « Happy New Year 2016 ». L’accès au temple se fait par un escalier de forte déclivité pavé de carreaux flammés enrichis de céramiques. Les atours ocre rouge du temple sont ornés d’une infinité de parures d’or somptueusement ciselées et ouvragées. Nous sommes les seuls visiteurs. Un peu plus loin, de l’autre côté du canal, le sanctuaire « Wat Lok Molee » montre une forte animation. Le sol en terre est quelque peu détrempé autour du temple principal en bois initié au quatorzième siècle. Un stûpa séculaire perdure vaillamment sur le site. J’ai un coup de cœur pour un magnifique éléphant royal blanc. Le sanctuaire s’est étoffé aux cours des siècles d’une riche diversité syncrétique où les bouddhas côtoient une multitude de déités telles que Shiva et Ganesh. La majorité des entités de ce panthéon asiatique m’est inconnue. La beauté, la créativité, la diversité, la fantaisie sont au rendez-vous dans ce site éclectique et cosmopolite. Des arbres à souhait ponctuent l’espace cultuel. Je suis séduit par un superbe plancher en teck, probablement centenaire, posé dans un temple plus moderne édifié en briques sous une poutraison anthracite. A côté un autre temple en briquettes ocre sable, décoré de frises blanches dentelées, retient avantageusement mon attention. Une déité assise sur un trône au-dessus de l’entrée est flanquée de deux gardes armés d’un sabre. A l’intérieur, devant l’autel, un moine assis en tailleur s’active sur un téléphone portable. Etonnant ! Un chat attiré par les mouvements sur l’écran est écarté d’un geste. Nous sortons de ce lieu emblématique vers quinze heures trente. En revenant dans la vieille ville nous passons devant le temple « Wat Khuankha Ma » dont l’enceinte en pierre est décorée d’une kyrielle de petits chevaux d’or disposés sur de courtes colonnes carrées. Nous prenons à droite la rue Prapokklao Road qui s’ouvre devant la porte « Chang Phuak Gate ». La Place des Trois Rois se dessine devant nous. A l’angle avec Ratvithi Road différentes œuvres d’arts s’offrent au regard sur le trottoir devant le « Lanna Folklife Museum ». Une œuvre composée de profils sphériques allongés tissés de filins, tels des cordages d’une harpe futuriste, me transmet des vibrations musicales au travers de cercles ajourés où papillonnent  des médaillons créatifs et autres objets à l’imaginaire féérique. Sur la place, les trois rois sont photographiés sur leur piédestal disposé devant le « Chiang Mai Historical Centre », l’ancien Hôtel de Ville. L’édifice historique blanc aux volets beige est pourvu derrière les statues d’un corps central saillant gratifié d’un spacieux balcon à colonnade sur le porche. Plus avant dans la rue, je remarque la présence de deux sièges en ciment dont chaque dossier arbore en relief un papillon marron liseré d’or. Le lapin blanc à la tunique bleue coiffé d’un haut de forme noir invite les passants à entrer dans la boutique « Fairy Tales », une boutique de Contes de Fées, en tenant ouvert sur les coussinets de ses pattes le livre « Alice au pays des merveilles ». Dans la devanture du commerce avoisinant, deux frêles polichinelles ludiques à grosse tête tricotés en laine arborent une palette de couleurs aux moult nuances douces et bigarrées. Sur la plateforme de son pick-up gris un homme procède à l’active cuisson de frites dans un poêlon noir empli d’huile bouillante chauffée grâce à une bombonne de gaz reliée à un réchaud posé sur un tabouret parme couché en travers sur une petite bâche blanche carrée. Une écumoire en aluminium est prête à filtrer et égoutter les frites réalisées. Une opération culinaire pour le moins surprenante au bord de la chaussée !... Nous tournons à gauche dans Ratchamanka Road et nous passons devant l’école pour enfants « Anubaan Chiang Mai School ». Les écoliers grouillent à nouveau à la sortie. La majorité prend d’assaut les comptoirs alimentaires présents. Chacun commande son plat préféré, l’offre étant plus que diversifiée. Certains enfants prennent le chemin de l’obésité. Une photo d’une bouilloire qui tente vainement de remplir une ample jarre vernissée percée, en terre cuite couleur café, est prise devant le « Phurin Thai Spa » à une courte encablure de « Taste from Heaven ». Nous sourions de l’appellation « Phurin » car phonétiquement en français le « purin » est un liquide composant le fumier né des déjections des vaches. Nous arrivons vers seize heures trente chez Nan. Un temps de détente gourmand s’offre à nous. Nous savourons chacun un brownie maison vegan. Je l’accompagne d’un smoothie chocolat chantilly. Patrick sirote un thé Earl Grey. Une fois l’addition réglée, nous saluons avec émotion l’équipe de Taste from Heaven. Nan nous souhaite « bon voyage » en français. Sur le trottoir d’en face, à quelques mètres, en devanture d’une boutique de souvenirs, un grand tableau exposé représentant une scène de rue colorée à Chiang Mai, est immortalisée sur la pellicule numérique. Nous retournons à l’hôtel pour le paquetage. Après dix-heures trente, nous dînons en face de l’hôtel dans le restaurant indien « Taj Mahal ». Soupe dhal de lentilles, pakoras de légumes, aubergines aux épices et garlic naan composent la partition du repas. Le regard de Patrick est capté de temps à autre par la diffusion du film « Divergent » sur un grand écran accroché au mur. Après ce dépaysement culinaire, nous traversons la rue pour rejoindre Morphée pour la nuit…





























































 

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