En sortant du
Citadines en fin de matinée, la chaleur nous enveloppe de sa moiteur. Une
échappée de vent vient occasionnellement tempérer l’air ambiant dans une
illusion de fraicheur. Nous déjeunons chez May Veggie Home sur Ratchadaphisek Road
à Sukhumvit 16. Le restaurant vegan est situé à une courte distance de la
résidence où nous avons pris nos quartiers. Les employés nous accueillent avec
le sourire, nos visages devenant à chacun de nos passages un peu plus familiers
à leurs regards. Un smoothie chocolat, banane, lait de riz et glace pilée
constitue mon repas. Je l’apprécie gorgée par gorgée. Patrick opte pour un Mussaman
curry avec riz brun complet et jus de goyave. La majorité de la clientèle
présente semble être de passage tout comme nous. Les minutes s’égrènent
agréablement. Après un passage à l’hôtel, une rame du métro nous dépose à la
station « Hua Lamphong Station » située au niveau de la gare du même
nom. Nous sillonnons les abords du centre ferroviaire dans un va-et-vient de
piétons et de véhicules pour dénicher la voie que nous voulons suivre. Après
quelques indications sommaires reçues de-ci de-là, nous marchons sur Yaowarat
Road. Au travers d’une ruelle un temple à la parure d’or se dévoile. Nous nous
dirigeons vers le site. Il s’agit du Wat Tri Mitr ou Temple du Buddha d’Or. La statue
de Bouddha en or massif s’annonce la plus grande dans le monde. Des photos sont
prises. Nous arpentons ensuite Yaowarat, une rue très animée dans le centre de
Bangkok en proche parallèle du fleuve Chao Phraya. La vie en mouvement s’offre dans
une multitude de scènes où chacun vaque à son occupation. Une dame dort
paisiblement à l’angle d’une rue la tête contre un ballot en plastique et le
bras droit posé sur le dessus d’une caisse en carton. Nous croisons
régulièrement des thaïlandais avec des masques couvrant le nez et la bouche,
probablement en raison de la pollution atmosphérique. La métropole du grand
Bangkok totalise plus de quinze millions d’habitants. Imaginez le nombre de véhicules
à moteur et de deux-roues qui pullulent un peu partout. Souvent à l’arrêt des
feux, ils se regroupent en nombre devant le flot des voitures et démarrent en
trombe dans un vrombissement assourdissant. Le besoin de s’hydrater est confié
à du jus de grenade réalisé sur l’instant dans diverses échoppes, plutôt des
comptoirs de rue, disposés sur les trottoirs. La boisson est achetée pour cinquante
bahts, soit un peu plus d’un euro. Plus loin sur l’artère très commerciale, une
boutique de chaussures Bata retient notre attention ; une paire de sandale
et une paire de tong sont achetées pour une vingtaine d’euro. Ces nu-pieds sont
les bienvenus pour pallier à la forte chaleur. Nos pas nous conduisent
fortuitement dans le parc « Rommaneenat Park » que nous visitons sous
quelques gouttes de pluie échappées de la légère couverture nuageuse. Un
éléphant et une magnifique jarre en forme de lotus, sur laquelle une superbe conque
en spirale se repose, sont admirés. Depuis l’étendue de verdure, nous
apercevons une vaste structure composée de deux temples dont l’un d’eux est en
rénovation. Nous traversons le parc pour nous approcher. Des autochtones jouent à la pétanque. Un monsieur s’est
assoupi sur un banc et un autre dort sur les pavés du trottoir, le corps
allongé sur un linge blanc. Le temple Wat Suthat se dévoile. C’est l'un des six
temples royaux de Thaïlande. Nous entrons pour une visite une fois acquitté le
prix de l’entrée, environ cinquante centimes d’euro par personne. Nous sommes fascinés
par un nombre impressionnant de bouddhas d’or qui ceinturent le temple sur les quatre
côtés. L’édifice élancé vers le ciel, en prolongement de celui en rénovation,
est splendide. Nous nous imprégnions du lieu de culte avant de reprendre notre
chemin. Une halte se déroule agréablement en terrasse devant le Grand China
Hotel - 215 Yaowarat Road dans le quartier Samphantawongse. Contre toute
attente, il s’agit d’un Starbucks Coffee. La chaîne est bien présente à Bangkok.
Ce temps de détente nous offre d’accueillir le manteau de la nuit qui tombe progressivement vers dix-huit
heures. Les phares des deux-roues et des voitures s’allument, tout comme les
enseignes lumineuses et les lampions qui bordent la rue Yaowarat. Nous prenons
la direction de la gare tout en continuant à flâner. Je savoure un second jus
de grenade. Je prends le comptoir en photo avec l’accord de la jeune thaïlandaise
qui a réalisé la boisson sur place. Nous décidons de dîner tout en marchant. De
multiples comptoirs proposent des aliments. Nous achetons des rouleaux de
printemps végétariens réalisés sur l’instant à une charmante dame d’âge mûr. Le
prix est très bas pour des européens, soit vingt-cinq centimes d’euro l’unité.
Les rouleaux sont excellents. La saveur et la fraicheur sont incomparables.
Plus loin nous achetons un demi-kilo de châtaignes cuites sur place pour un peu
plus de trois euro. Nous les savourons en marchant. Une délicieuse barre aux
arachides et herbes achetée dans l’après-midi est croquée. Je marche avec
attention pour éviter les irrégularités des trottoirs, moins décelables avec la
nuit. A la gare « Hua Lamphong Railway Station » des cacahuètes et de l’eau
minérale sont achetés à dix-neuf heures treize. Je grignote les arachides salées
dans le hall panoramique de la gare. Nous sommes confortablement installés sur
des chauffeuses dont les assises et les dossiers sont garnis de skaï violine. Nous
sommes entourés par les voyageurs en partance devant un écran géant de
télévision où jeux et concours de chansons sont au programme. Des haut-parleurs
diffusent la musique et les paroles des personnes présentes à l’écran. J’apprécie
ce « bain » de foule où je me sens comme dans un grand salon familial
sous les arceaux de la vaste voûte métallique. Après ces instants de bien-être
nous retournons tranquillement en métro au Citadines pour une bonne nuit de
sommeil…
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