dimanche 24 janvier 2016

Magie et trombe d’eau au marché dominicale du centre historique à Chiang Mai…

Les rites matinaux laissent place au petit-déjeuner. A la table voisine deux jeunes femmes thaïes et une fillette s’échangent partiellement les mets de leur collation ; la nourriture valse d’une assiette à l’autre. Je baigne mes yeux de soleil avant de rejoindre Patrick dans la chambre. La narration de la journée d’hier se continue durant la matinée. Nous déjeunons chez « Taste from Heaven », Nan est en repos. Je savoure une « Banana Blossom Salad ». Les fleurs de bananier, agrémentées d’arachides toastées, sont servies avec une succulente sauce crémeuse à base de « Tom Yum Paste ». Un avocat mûr accompagne le mets. Un jus maison betterave rouge, carotte et concombre est siroté. Patrick déguste des légumes variés en sauce avec des cubes de tofu et du riz brun ; en fin de repas il apprécie un jus carotte, pomme et gingembre. Je remarque l’absence de toute corbeille de pain sur les tables des restaurants thaïs. Les sets de table artisanaux se roulent et se déroulent aisément sans avoir à les secouer. La brochure « Umgawa » www.umgawa.com  est emportée. De retour au Thapae Loft le blog Siam s’actualise et les messageries sont consultées. A quatorze heures cinquante une pluie fine tombe sur Chiang Mai qui s’évapore avant d’atteindre le sol. Puis elle décide de renforcer son intensité et l’eau jaillit des nuages. La pluie ruisselle depuis le toit de l’hôtel et passe devant nos yeux étonnés par cette précipitation. Une trentaine de minutes plus tard le soleil est de retour. Vers seize heures nous sommes en terrasse au D-Bistro sur Rachadamnoen Road. Nous sirotons du chocolat chaud amer tout en assistant aux installations de stands sur la rue devant nous. Patrick se fait plaisir avec un scone à la confiture de framboise. Une bouchée de chocolat praliné fond dans ma bouche. Nous flânons ensuite dans le marché piétonnier du dimanche qui se déroule de seize à vingt-trois heures environ le long de la rue Rachadamnoen et sur les axes alentours. Nous vivons une véritable expérience thaïe parmi une multitude d’étals qui proposent des objets artisanaux locaux, des bijoux, des vêtements… Toute une variété impressionnante et fabuleuse d’articles fabriqués en Thaïlande compose un océan de marchandises totalement innombrables. L'ambiance est générée par les centaines d’étalagistes et par une foule animée aux yeux qui virevoltent partout. Ce marché piétonnier du dimanche est annoncé comme l’un des plus célèbres de Thaïlande. La nature festive du marché est accentuée par des danses et différents spectacles culturels. Nous testons du jus de fruit de gac. Au cours cette plaisante et attachante déambulation dans l’immense marché, des emplettes sont effectuées au gré de notre fantaisie et de nos coups de cœur. Un superbe sac à dos est acheté pour les contenir : pantalons thaïs, tee-shirts, peigne, CD de musique traditionnelle et autres articles, tous fabriqués localement. L’ensemble de ces acquisitions revient à moins de trente euro. Un comptoir propose un univers de rêve pour petits et grands avec une pléiade d’articles en miniatures : voitures, soldats, manèges, sapins, bonhommes de bois, convois de chemin de fer… Des gouttes d’eau s’échappent des nuages et nous nous abritons un instant. Nous découvrons involontairement le restaurant partiellement végétarien « Manao » cherché vainement hier. La foule s’intensifie et le rythme de la marche se fait aux pas, notamment aux endroits où des étals s’intercalent au milieu des rues, laissant deux petits boyaux pour passer. A dix-huit heures précises, les autochtones suspendent leur activité un court laps de temps et se figent debout pour écouter l’hymne national diffusé par haut-parleur. Un instant plus tard, des trombes d’eau surviennent. Les vannes du ciel s’ouvrent en grand. Chacun cherche à s’abriter pour éviter d’être complètement trempé. Nous nous réfugions sous la bâche d’un comptoir avec l’assentiment d’une jeune femme thaïe présente à la vente. Elle dresse la main en levant deux doigts avec le sourire. De grosses flaques d’eau se forment sur l’abri plastifié. Patrick aide les marchands en participant de son côté à faire couler l’eau au sol qui ruisselle telle une lourde et régulière cascade. L’averse torrentielle s’arrête aussi vite qu’elle a commencé. Le sol est détrempé et il convient d’éviter les flaques d’eau qui subsistent sur le sol irrégulier. Ailleurs l’eau disparait comme par enchantement. Une trentaine de minutes plus tard nos regards se concentrent sur les comptoirs alimentaires. Escorté d’un cortège, un couple princier aux ornements d’or et de pierreries, aux atours chatoyants défile devant nous. Nous dînons en flânant avec des rouleaux de printemps végétariens, des palets de riz au jasmin, de la banane rôtie. Une variété de sandwich triangulaire fourré de grains de maïs cuisinés avec une sauce douce inconnue termine le repas typiquement thaï …toute cette nourriture est achetée pour moins de dix euro. Lors de cette fête les papilles découvrent de nouvelles saveurs. Le jour décline et la nuit tombe. Comme par magie tous les stands bénéficient de la fée électricité sans aucun fils au travers de la chaussée. Des lampions multicolores s’allument. Des lampes LED torsadées diffusent sous les bâches imperméables une chaude ambiance lumineuse. Nous assistons à deux spectacles qui se dévoilent sans prévenir. Le second offre de suivre sur scène la grâce, le charme et la beauté de danseuses thaïes dans leurs plus beaux atours. Une dame tire les cartes au tarot. Je me sens bien parmi la foule et les acteurs de cette manifestation hebdomadaire bien rodée. A dix-neuf heures quarante, deux feux d’artifice éclatent dans le ciel et puis plus rien… Nous sommes de retour à l’hôtel vers vingt heures après plus de trois heures à musarder et à déambuler aux pas entre les comptoirs abondamment achalandés. La culture thaïe offre une richesse culturelle et artisanale impressionnante qui touche agréablement la sensibilité. Nous entrons dans les bras de Morphée, l’esprit baigné de merveilleux souvenirs. D’irrésistibles éléphants en peluche, rencontrés sur les étals, la peau rugueuse métamorphosée en une infinité de parures toutes plus belles les unes les autres, trottinent joyeusement dans la tête en entrant aux pays des rêves…

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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