Les rites
matinaux laissent place au petit-déjeuner. A la table voisine deux jeunes
femmes thaïes et une fillette s’échangent partiellement les mets de leur collation ;
la nourriture valse d’une assiette à l’autre. Je baigne mes yeux de soleil
avant de rejoindre Patrick dans la chambre. La narration de la journée d’hier
se continue durant la matinée. Nous déjeunons chez « Taste from Heaven », Nan
est en repos. Je savoure une « Banana Blossom Salad ». Les fleurs de
bananier, agrémentées d’arachides toastées, sont servies avec une succulente
sauce crémeuse à base de « Tom Yum Paste ». Un avocat mûr accompagne
le mets. Un jus maison betterave rouge, carotte et concombre est siroté. Patrick
déguste des légumes variés en sauce avec des cubes de tofu et du riz brun ; en
fin de repas il apprécie un jus carotte, pomme et gingembre. Je remarque
l’absence de toute corbeille de pain sur les tables des restaurants thaïs. Les
sets de table artisanaux se roulent et se déroulent aisément sans avoir à les
secouer. La brochure « Umgawa » www.umgawa.com est emportée. De retour au Thapae Loft le
blog Siam s’actualise et les messageries sont consultées. A quatorze heures
cinquante une pluie fine tombe sur Chiang Mai qui s’évapore avant d’atteindre
le sol. Puis elle décide de renforcer son intensité et l’eau jaillit des
nuages. La pluie ruisselle depuis le toit de l’hôtel et passe devant nos yeux
étonnés par cette précipitation. Une trentaine de minutes plus tard le soleil
est de retour. Vers seize heures nous sommes en terrasse au D-Bistro sur
Rachadamnoen Road. Nous sirotons du chocolat chaud amer tout en assistant aux
installations de stands sur la rue devant nous. Patrick se fait plaisir avec un
scone à la confiture de framboise. Une bouchée de chocolat praliné fond dans ma
bouche. Nous flânons ensuite dans le marché piétonnier du dimanche qui se
déroule de seize à vingt-trois heures environ le long de la rue Rachadamnoen et
sur les axes alentours. Nous vivons une véritable expérience thaïe parmi une
multitude d’étals qui proposent des objets artisanaux locaux, des bijoux, des
vêtements… Toute une variété impressionnante et fabuleuse d’articles
fabriqués en Thaïlande compose un océan de marchandises totalement innombrables.
L'ambiance est générée par les centaines d’étalagistes et par une foule animée
aux yeux qui virevoltent partout. Ce marché piétonnier du dimanche est annoncé
comme l’un des plus célèbres de Thaïlande. La nature festive du marché est
accentuée par des danses et différents spectacles culturels. Nous testons du
jus de fruit de gac. Au
cours cette plaisante et attachante déambulation dans l’immense marché, des
emplettes sont effectuées au gré de notre fantaisie et de nos coups de cœur. Un
superbe sac à dos est acheté pour les contenir : pantalons thaïs, tee-shirts,
peigne, CD de musique traditionnelle et autres articles, tous fabriqués localement. L’ensemble de ces
acquisitions revient à moins de trente euro. Un comptoir propose un univers de rêve
pour petits et grands avec une pléiade d’articles en miniatures :
voitures, soldats, manèges, sapins, bonhommes de bois, convois de chemin de fer…
Des gouttes d’eau s’échappent des nuages et nous nous abritons un instant. Nous
découvrons involontairement le restaurant partiellement végétarien « Manao
» cherché vainement hier. La foule s’intensifie et le rythme de la marche se
fait aux pas, notamment aux endroits où des étals s’intercalent au milieu des
rues, laissant deux petits boyaux pour passer. A dix-huit heures précises, les
autochtones suspendent leur activité un court laps de temps et se figent debout
pour écouter l’hymne national diffusé par haut-parleur. Un instant plus tard, des
trombes d’eau surviennent. Les vannes du ciel s’ouvrent en grand. Chacun
cherche à s’abriter pour éviter d’être complètement trempé. Nous nous réfugions
sous la bâche d’un comptoir avec l’assentiment d’une jeune femme thaïe présente
à la vente. Elle dresse la main en levant deux doigts avec le sourire. De
grosses flaques d’eau se forment sur l’abri plastifié. Patrick aide les
marchands en participant de son côté à faire couler l’eau au sol qui ruisselle
telle une lourde et régulière cascade. L’averse torrentielle s’arrête aussi
vite qu’elle a commencé. Le sol est détrempé et il convient d’éviter les
flaques d’eau qui subsistent sur le sol irrégulier. Ailleurs l’eau disparait
comme par enchantement. Une trentaine de minutes plus tard nos regards se
concentrent sur les comptoirs alimentaires. Escorté d’un cortège, un couple princier
aux ornements d’or et de pierreries, aux atours chatoyants défile devant nous. Nous
dînons en flânant avec des rouleaux de printemps végétariens, des palets de riz
au jasmin, de la banane rôtie. Une variété de sandwich triangulaire fourré de
grains de maïs cuisinés avec une sauce douce inconnue termine le repas
typiquement thaï …toute cette nourriture est achetée pour moins de dix euro. Lors
de cette fête les papilles découvrent de nouvelles saveurs. Le jour décline et
la nuit tombe. Comme par magie tous les stands bénéficient de la fée
électricité sans aucun fils au travers de la chaussée. Des lampions
multicolores s’allument. Des lampes LED torsadées diffusent sous les bâches imperméables
une chaude ambiance lumineuse. Nous assistons à deux spectacles qui se dévoilent
sans prévenir. Le second offre de suivre sur scène la grâce, le charme et la beauté
de danseuses thaïes dans leurs plus beaux atours. Une dame tire les cartes au
tarot. Je me sens bien parmi la foule et les acteurs de cette manifestation
hebdomadaire bien rodée. A dix-neuf heures quarante, deux feux d’artifice
éclatent dans le ciel et puis plus rien… Nous sommes de retour à l’hôtel vers vingt
heures après plus de trois heures à musarder et à déambuler aux pas entre les
comptoirs abondamment achalandés. La culture thaïe offre une richesse
culturelle et artisanale impressionnante qui touche agréablement la sensibilité.
Nous entrons dans les bras de Morphée, l’esprit baigné de merveilleux souvenirs.
D’irrésistibles éléphants en peluche, rencontrés sur les étals, la peau
rugueuse métamorphosée en une infinité de parures toutes plus belles les unes
les autres, trottinent joyeusement dans la tête en entrant aux pays des rêves…

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire