Lors du
réveil à six heures, le thermomètre de l’horloge de poche affiche une
température dans la chambre de 27,7°. Les rites et le petit-déjeuner se
succèdent. En fin de matinée nous regardons sur le site Web du restaurant
« Saras » la nature des plats inconnus proposés sur la carte. Nous
effectuons une sélection avant de nous rendre sur place pour le déjeuner. Dès
notre arrivée nous commandons un « Masala Dosa », un « Raj
Kachori », des légumes variés en sauce et un « Aloo Gobi
Matar ». Nous savourons les mets. Le Raj Kachori regorge de saveurs variées
et épicées. L’enveloppe sphérique croustillante, sur un lit à base de yaourt,
révèle un contenu mystère d’ingrédients en sauce. Des petites billes, peut-être
des pois-chiches, roulent dans l’onctueuse garniture… Après ce repas de
découverte, nous nous dirigeons vers le centre Emporium situé à une courte
distance du restaurant. Chez Paul, vers treize heures, un pain abricot et
oléagineux est acheté au jeune et souriant Nattapol. Nos visages commencent à
devenir familiers à l’équipe de la brasserie. Nous prenons ensuite l’ascenseur
panoramique vitré pour joindre le quatrième étage. Deux jeunes asiatiques s’émerveillent
de la décoration du cœur du complexe. Nous nous installons en terrasse au café « Mandarin
Oriental » au bord de l’atrium qui s’ouvre sur tous les étages. Des
lampions rouges cerclés verticalement de fines bandes noires participent à l’embellissement
du vaste espace ouvert sur la verrière de la toiture coiffée de ciel bleu. La
Manager Suparat, dont le tailleur noir flatte la silhouette gracile, est notre
hôtesse. J’opte pour un café Latte Macchiato. Patrick choisit un café Mocha.
Les gorgées espacées prodiguent aux papilles une caresse prolongée de la saveur
douce et légèrement corsé du café à l’aromatique équilibré. Je feuillette deux
journaux : le « Bangkok Post » et le « The Nation ».
Le magazine « Exotiq Thailand » dévoile des œuvres colorées de
visages expressifs de l’artiste Françoise Nielly. Une de ses œuvres illustre la
page de couverture. A une table voisine trois jeunes filles thaïes sirotent un
café en bavardant gaiement. Rires, sourires et exclamations de joie ponctuent
leurs propos enjoués. Leurs visages aux pommettes bien rondes et aux yeux expressifs
légèrement bridés sont encadrés de longues chevelures noires. Elles acceptent spontanément
d’être prises en photo. Nous bavardons quelques instants. Lors de cet intermède
de bien-être, les cafés, les pages de couvertures des journaux et du magazine, l’éventail
lumineux installé au-dessus de la terrasse, une partie de l’atrium, quelques
lampions suspendus par groupe de trois et un ensemble litier attrayant sont
pris en photo. Après quatorze heures quinze nous sommes installés sur un banc
design dans l’esplanade aérienne extérieure devant l’Emporium pour une réflexion
sur le programme de l’après-midi… Une rame du train aérien nous dépose à «
Thong Lo », la station suivante. Nous sommes au niveau de Sukhumvit Soi 55. La
curiosité nous offre de discerner un édifice religieux du plus bel effet parmi
les nombreuses constructions attenantes. Il s’agit de l’église baptiste «
Prakanong Baptist Church », baignée de végétation, à la toiture bleu ciel. Coupoles,
colonnes, arches, entablements, balustres et autres atours architecturaux sont
un plaisir visuel. Dans la station, le salon de coiffure « Just Cut »
a pris place. La coupe de cheveux revient à cent bahts, entre deux et trois
euro. Une coupole d’or ajourée se profile en arrière-plan après la tour d’un
hôtel Marriott. Nous reprenons le train dans l’autre sens pour joindre la
station « National Stadium ». Nous transitons à celle de Siam à quinze heures
quinze. Cinq minutes plus tard nous sommes à destination, devant le vaste bâtiment
crème du « Bangkok Art and Culture Centre ». Nous constatons que le rideau
métallique au bout de la passerelle est descendu. Le centre culturel est fermé
le lundi. Dans le vide, contre un des murs latéraux, un homme sanglé dans un harnais
et suspendu à un filin, effectue des retouches sur la paroi. Nous traversons le
centre commercial MBK pour accéder à la passerelle qui enjambe la route « Phayathai
Road ». Il nous faut presque une trentaine de minutes pour trouver l’entrée
du passage. Nous déambulons notamment dans le souk. A un moment donné, parmi
des étals débordant de marchandises, je photographie le sol en damiers orange
décoré de carrés blancs, jaunes et roses. Une fois à l’air libre après un
dédale sinueux, en bordure de la route Rama 1 Road, nous découvrons le comptoir
d’angle « Marina » à la devanture rouge pourvue de photos de fruits.
Patrick commande deux smoothies à la banane. De mon côté je photographie la
route dont le centre est occupé par la masse imposante de la structure bétonnée
du train aérien. Tuk-tuk et taxis dominent dans le continuel trafic. Dos à la circulation,
assise en tailleur sur le trottoir derrière une rambarde verte, une dame
propose à la vente des articles variés. Les seize heures passent. Nous sirotons
en marchant les smoothies additionnés de deux cuillères de lait Carnation. Nous
passons devant le Siam Center. La sculpture orange et blanche du corps sans
tête est toujours présente. Un temps de détente s’offre à nous au centre « Siam
Square One », dans une partie ventilée par Eole, assis sur un duo rose
métallisé. Nous regardons défiler les chalands. Des étudiants en costumes
passent et se croisent régulièrement. Je nous prends en photo ainsi que le
cadre alentours. Je m’amuse à discerner les chinois des autres asiatiques qui
ont les yeux plus bridés. A dix-sept heures, nous quittons notre poste d’observation.
Nous retournons au BTS pour prendre le train aérien. Une rame bondée nous
dépose à la station Asoke. Nous allons dîner au centre « Terminal 21 ».
Nous découvrons après dix-huit heures le restaurant « Secret Recipe » dans
une partie inexplorée du quatrième niveau. Un grandiose double display de
pâtisseries se dévoile. La hauteur des nombreux gâteaux, répartis sur trois
étages, est exceptionnelle. Nous testons la saveur d’un velouté de courge. Je
déguste de succulentes lasagnes végétariennes aux épinards et aux trois
fromages. Patrick se fait plaisir avec un « American brownie ». Sur
la nappe et sur les serviettes en papier, on peut lire les mots « A little
piece of happiness » « Un petit morceau de bonheur »… Un passage
à l’étal de la jeune thaïe sur Sukhumvit road précède le retour au Citadines…
lundi 29 février 2016
Un lundi à Bangkok
Un voile laiteux recouvre le ciel d’une transparence
délavée. Le soleil effleure le sommet des buildings teintant les structures. La
chaleur est au rendez-vous. Nous mangeons à midi au restaurant indien Saras
quelques mets végétariens. Puis nous remontons l’axe de Sukhumvit jusqu’au
centre Emporium. Chez Paul, nous achetons un pain aux abricots et aux
noisettes.
Ensuite, nous décidons de boire une boisson chaude au
Mandarin Oriental. Pendant que nous sirotons nos cafés, André parcourt la
presse locale en langue anglaise. Le monde continue sa ronde perpétuelle de
souffrance et de malheurs peu importe que cela se passe en Europe ou en Asie, c’est
toujours le même schéma.
Nous décidons de visiter le Bangkok Center of Art.
Cependant, nous avons oublié que le Lundi les musées sont souvent fermés et
nous trouvons les portes closes. Nous déambulons dans le quartier de Siam. Puis
nous revenons à Sukhumvit où nous mangeons au Terminal 21 dans le restaurant
Secret Recipe qui offre douceurs et plats salés. La nuit s’installe dans les
rues bruyantes de Bangkok.
dimanche 28 février 2016
Au 82ème ciel à Bangkok…
A
onze heures nous nous dirigeons vers le métro. Un jeune homme francophone nous
demande des infos sur le quartier. Il souhaite se balader dans les alentours
avant un vol d’avion annoncé à quatorze heures. Une rame nous dépose à la
station suivante « Phetchaburi ». Nous sortons des entrailles de
Bangkok pour prendre le train à la gare de Makkasan connectée au métro par des
passerelles. Nous descendons à l’arrêt suivant « Ratchaprarop » dans le sens
opposé à celui de l’aéroport. Une fois au niveau du sol, nous cherchons le plus
haut gratte-ciel de la Thaïlande, repéré depuis la plateforme aérienne. Comme
nous sommes proches, nous devons lever les yeux au ciel pour nous diriger. Au
bout de la rue « Rajpraprop soi » la silhouette élancée du « Baiyoke Sky
Hotel » se dresse vers les cieux. Maintenir la tête relevée est un challenge
pour la nuque. Nous entrons. Nous avons la sensation de pénétrer dans une
« usine » à touristes chinois. Il nous faut joindre le dix-neuvième
étage pour valider la réservation effectuée hier sur Internet. Des files
d’attente sont constituées un peu partout, notamment devant les ascenseurs. Le
« troupeau » dont nous faisons partie est canalisé par de charmantes
hôtesses en mode tout sourire. Une d’entre elles presse des touristes qui
obtempèrent en se hâtant devant nous. Une fois au guichet, notre tour venu, deux
tickets avec code barre nous sont remis. Nous sommes conviés à nous rendre au
82ème étage au buffet « Crystal Grill ». Nous intégrons une autre
file d’attente pour joindre le 77ème étage. Ensuite un autre
ascenseur nous dépose cinq étages plus hauts. Nous sommes dans le ciel délavé
de Bangkok. La ville se déploie à nos pieds à perte de vue sur 360°. Nous
occupons une table à deux places réservée à côté d’un vitrage. Un imposant
échangeur routier se dessine au premier plan avec ses courbes enchevêtrées. Les
voitures, tels des dominos en mouvement, semblent circuler au ralenti. Cette
impression est due à la hauteur. Les dominos roses, jaunes et verts dominent
dans le trafic ; il s’agit des taxis. Sur la gauche nous apercevons le
Monument de la Victoire, facilement discernable avec son obélisque. A une
faible distance à l’œil, toute relative, nous distinguons la structure
commerciale du « King Power Complex », sa superbe géode vitrée et la tour de
l’hôtel Pullman adjacent. Je photographie le set de table qui promotionne les
restaurants et services de l’hôtel. Au centre un schéma ludique donne des
informations sur la tour la plus haute de Thaïlande. Elle mesure 309 mètres de
hauteur ce qui correspond à environ 182 personnes montées les unes sur les
autres …et 344 mètres à la pointe de son antenne ajoutée en 1999. La superficie
au sol de tous les étages correspond à l’étendue de trente stades de football.
Les superlatifs sont de mise pour cette construction édifiée en 1997, voici
bientôt vingt ans. Son coût de construction avoisina les cent millions d’euro…
Nous découvrons le buffet. Il est adapté aux clients chinois et les mets
végétariens sont rares. Je picore à droite à gauche pour tester ce qui agrée
mon regard. Je termine la collation avec quelques douceurs où je retire les
parties sucrées. Après le repas nous prenons quelques photos panoramiques de
Bangkok. Les vitres sont mâchurées et ternies par le temps. La netteté est
absente. Nous tentons de repérer, avec succès, le quartier du Citadines ainsi
que les lieux visités. En prenant comme repères le tracé du train aérien et les
canaux, nous parvenons à nos fins. La masse de la tour Bobae et du palace
Prince, au bord du canal « Maha Nak », se détache des constructions basses
environnantes…Les quatorze heures passent et nous sortons de l’hôtel en
empruntant plusieurs ascenseurs. Nous joignons la rue « Ratchadamri Road »
appelée aussi « Rajdamri Road » ; la traduction des mots thaïs
varie au regard des niveaux de sonorités évoqués hier par François. Nous
bifurquons à droite après un regard dans une boutique sur de grands éventails
colorés dessinés de paysages et autres motifs thaïs. Nous passons devant le
centre commercial Palladium réparti en trois zones distinctes. Derrière la
première, un hôtel Centara aux couples d’or retient l’attention. Un triporteur
tuk-tuk rose vif carrossé, à l’enseigne « Cheese Ball », adapté en
séduisant étal alimentaire, propose aux passants des boulettes de fromage frit.
Les trottoirs sont majoritairement occupés par des étals de marchandises et de
comptoirs alimentaires. La foule est au rendez-vous et nous slalomons en croisant
les autres promeneurs. Une fois à ciel découvert, nous guettons les zones d’ombre
pour se cacher des ardents rayons solaires. Nous atteignons le vaste Mall «
Central World ». Nous traversons ce labyrinthe d’allées mercantiles sans trop
nous perdre pour sortir par la passerelle conduisant au train aérien. Ainsi nous
pouvons atteindre notre objectif, le centre Gaysorn, calme et feutré, sans
avoir à traverser le flot de véhicules de la route Sukhumvit. Nous nous offrons
un temps de détente et de douceur chez
« 1823 Tea Lounge » après un peu moins de deux kilomètres de marche. Entre quinze
heures vingt et seize heures trente, nous sommes confortablement installés dans
de spacieux cabriolets et choyés par le nombreux personnel féminin du coffee
salon de thé. Une forêt noire et un muffin « Red Velvet » « Velours
rouge », une métaphore pour dire « à la fraise », sont dégustés.
Du thé Splendid Earl Grey et Rooibos Lemon sont sirotés. Les tables sont
majoritairement occupées en ce dimanche après-midi. Les convives de différentes
tables ont opté pour le thé de l’après-midi qui consiste en une variété de douceurs
salées et sucrées présentée en harmonie sur trois petits plateaux étagés. Une
dame américaine bien en chair et un homme thaï profitent pleinement de cette
cérémonie élaborée du thé. Le jeune homme sourit constamment. Des boites de
thés, des tasses suspendues par leur anse et deux rangées de théières sont
photographiés dans leur présentoir en prolongement du comptoir. À l’étage
inférieur, un pianiste joue des musiques d’Edith Piaf. Après ces instants
appréciés, nous découvrons au niveau inférieur une exposition de Khun Kittipong
Kamsart, intitulée « GOH-M Buddha Bless ». Inspiré par son amour pour
tous les êtres vivants, les animaux jouent un rôle majeur dans l’œuvre de l’artiste.
Des photos de tableaux et de réalisations ludiques en trois dimensions,
suspendues dans l’atrium du centre commercial, sont réalisées. Nous rejoignons
ensuite le côté opposé de la route Sukhumvit en traversant le centre commercial
« Amarin ». Nous suivons la structure en béton du train aérien qui
surplombe la route en avançant en direction du Citadines. Nous marchons durant
trois kilomètres environ. En chemin nous décidons d’aller dîner chez Saras. Je
prends quelques photos en cours de trajet, dont certains shoppings centers. Je
pense que Bangkok doit détenir le record du nombre de centres commerciaux au
kilomètre carré. Nous effectuons une petite pause au parc privé « Chuvit Park ». Nous
nous asseyons sur un banc en bois rustique. Le jour commence à décliner. Le
disque solaire s’estompe au regard derrière un kiosque ovale à la toiture en
pans coupés… Nous reprenons notre chemin. Parvenus chez Saras après dix-huit
heures, nous commandons des Daal Tadka et un velouté épicé à la tomate pour Patrick. L’achat d’ananas,
devenu traditionnel, s’effectue auprès de la charmante marchande au bord de
Sukhumvit. La soirée se poursuit plaisamment au Citadines…
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