Des rêves de
voyages dans le temps égrènent agréablement la nuit. Lors d’une destination
dans le futur, Florian, enfant, s’amuse à créer des œuvres colorées contre un
mur en pulvérisant de l’eau magique… La chaleur se maintient pendant la nuit
et, au lever à six heures, elle affiche résolument vingt-sept degrés. Les rites
matinaux, le yoga des yeux au lointain sur le balcon précèdent le
petit-déjeuner au « Horizon Restaurant ». Le ciel est grand bleu. Durant le
repas, des oiseaux « Common Myna » originaires d'Asie, parfois appelés « Myna Indien»,
membres de la famille des étourneaux et des mainates, chantent de leurs cris
perçants et mélodieux à la fois. Je savoure des morceaux d’ananas. Patrick
savoure des viennoiseries, une crêpe et divers mets de l’abondant buffet. Café
noir et un jus sont sirotés. A une table voisine, une fillette pleure
discrètement. Ses parents, la trentaine, prennent leur collation matinale. La
fillette au visage triste reste muette. Les minutes passent. Elle part au
buffet avec sa mère laquelle, vêtue d’une légère robe noire, les yeux couverts
par des lunettes de soleil noires, l’accompagne en lui tenant la main. L’enfant
revient avec un muffin. Un sourire s’ébauche sur son visage encadré de longs
cheveux noirs. Ensuite, la parole remplace le mutisme après un court laps de
temps. Elle va chercher un jus de fruit pour son père, avalé d’un trait. Nous
sommes de retour dans la chambre vers huit heures trente. Les montages photos
pour le blog Siam se terminent. Patrick écoute une émission radio sur l’iPad. Vers
dix-heures, je me rends au buffet Horizon où je sirote du cacao à l’eau chaude
en savourant une tranche de pain aux graines toastée tartinée de purée de
banane. Un petit pain au chocolat et un croissant au cœur fruit et crème terminent
cette collation en solo. Le blog Siam s’actualise avec les photos montages. Les
messageries sont consultées. Une réponse est envoyée à Sylvain et à Ron. Un mail
est envoyé à Jean et Francette. Midi s’annonce… Nous sortons du Novotel et nous
marchons sur le chemin ombragé qui suit le petit lac où une myriade de poissons
ondule en groupe. Un Myna sur le sol à nos côtés semble diriger précisément son
regard perçant. Nous nous dirigeons sur Patak Road pour découvrir le sanctuaire
« Wat Suwan Kiriket » où un serpent vert ondule tout autour du temple
principal. Vers treize heures nous déjeunons au « Corner Café » situé
dans le virage juste après le temple. Le mobilier est en bambou clair et des
coussins sont disposés sur les assises. Les tables sont recouvertes d’une nappe
blanche. La cuisine est entièrement ouverte sur la rue. Nous nous asseyons sur
un banc à deux places au fond du restaurant. Un gros ventilateur brasse l’air
ambiant. Nous choisissons les mets. Crème mousseuse aux champignons, légumes au
curry rouge et au curry vert, morning glory, riz blanc à la vapeur, smoothie
banane composent la partition du menu. Vers quatorze heures nous continuons d’arpenter
la rue Patak. En face du café Corner, une boutique avec un auvent paillé pourvu
d’un tube néon propose des boissons et des litres de Gasoline pour les deux
roues. Le carburant revient à quarante bahts le livre, soit environ un euro.
Diverses pancartes proposent des boissons dont une Ovaltine à vingt bahts. Une
grappe de bananes est suspendue au centre du comptoir. Un peu plus loin, une
construction originale allongée, flanquée de divers balcons à colonnades
blanches, présente une multitude de couleurs : rose, orange, vert, bleu,
saumon, ocre rouge, blanc… Une jardinerie invite à s’arrêter pour admirer les
mille couleurs de l’île. Un jeune homme charge son side-car commercial de
boissons payées cash à un établissement de vente en gros. Les cartons de bière
emportent les suffrages. A proximité nous découvrons fortuitement le restaurant
vegan « O-OH Farm ». L’établissement doit être récent car il est inconnu du
moteur de recherche Google. Nous entrons pour faire connaissance avec le lieu.
Un jeune thaï souriant nous accueille et nous renseigne avec courtoisie. La marche
se poursuit sous le généreux soleil. Une villa coquette aux autours bleutés,
enrichie d’un autel, se dévoile. Je traverse la rue et je m’approche de façon à
prendre une photo sans faire figurer sur le cliché les traditionnels câbles qui
bordent toutes les rues. Quelques minutes plus tard, deux lézards, dont une
calotte versicolore, présents sur un poteau en béton granulé accrochent le
regard de Patrick. Des photos sont prises de près et les reptiles sont
indifférents à notre existence. Les quinze heures s’approchent quand nous
atteignons le Resort Hilton. Nous décidons de traverser le complexe pour
joindre la plage car nous ignorons quand la route va bifurquer à droite. La
résidence hôtelière s’avère immense. Nous tentons de nous repérer. Nous suivons
un chemin ombragé dans le vaste ensemble paysagé où plusieurs personnes œuvrent
efficacement à l’entretien. Une certaine sérénité se dégage du lieu niché dans
la jungle. La création du site doit être l’une des premières pour bénéficier d’autant
de terrain. Le complexe occupe tout l’espace entre les deux bras de Patak Road
qui effectue une boucle routière devant la longue plage, comme en témoignera le
montage du plan effectué sur l’ordinateur. Nous atteignons la vaste réception nichée
dans la végétation où une montagne de bagages colorés témoigne de l’effervescence
touristique. Un symposium destiné à la profession médicale et chirurgicale bat
son plein ; probablement offert par le groupe international Stryker, financièrement
heureux de son succès auprès des humains. L'histoire de Stryker remonte au
début des années quarante lorsque le docteur Homer Stryker, un chirurgien
orthopédiste de Kalamazoo dans le
Michigan constata l’inefficacité de certains médicaments. Il décida d’en
inventer de nouveaux... Aujourd'hui, Stryker, fort de plus de vingt-cinq mille employés
de par le monde, est un des leaders mondiaux dans l'industrie des technologies
médicales. Nous déambulons dans le cœur du complexe et nous atteignons un haut bâtiment
sphérique dont l’atrium concentrique pointe vers le ciel. Les balcons
intérieurs simulent un vortex quand le regard se dirige vers l’orifice
circulaire à son zénith. L’impression est saisissante devant la sensation de
voir bouger l’édifice sur fond de filaments nuageux immobiles dans le ciel. En retournant
au hall d’accueil, une photo de la jungle avec une haie de bougainvilliers fuchsias
au premier plan est prise. J’immortalise de mon côté un superbe kiosque, une
pagode aux tuiles bleues qui affleure au ras de l’eau. Quelques instants plus
tard nous foulons le sable brûlant. Nous marchons pieds nus sur les grains mouillés,
les jambes aspergées par les vagues fougueuses et impétueuses de la mer. Les seize passent quand
nous atteignons le « @ The Beach Coffee ». Des rafraichissements sont sirotés
en terrasse ; jus de noix de coco et Lemon Shake sont appréciés après
cette longue marche. Une trentaine de minutes plus tard nous reprenons la
promenade pour joindre l’autre extrémité de la plage. Un château de sable
oublié par son ou ses créateurs est pris en photo. Le jour décline quand nous
arrivons vers dix-huit heures à notre destination. Nous décidons d’aller dîner
frugalement au Studio Café. Un magnifique coucher de soleil est éternisé avant
de parvenir au Mövenpick. Pat nous accueille. Elle nous informe avec le sourire
que nous sommes entrés dans les « Happy Hours » où les pâtisseries bénéficient
d’une remise de cinquante pour cent. Nous optons pour un menu douceur : cheese-cake,
swiss carrot cake et Muffin aux amandes sont sélectionnés. La nuit tombée, nous
retournons passer la soirée au Novotel. Les boutiques, les Resorts, les
restaurants se parent de lumière pour attirer le client. Des voix nous
interpellent pour venir dîner. Un montage Corel Draw pour réaliser une carte de
Karon Beach avec le parcours de la journée est effectué. La pluie dégringole en
trombe après vingt-et-une heures. Patrick sort sur le balcon pour écouter la
mélodie sonore des gouttes d’eau…


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