La matinée se
déroule dans le confort de l’appartement où différentes activités se succèdent
agréablement. A midi nous déjeunons chez « May Veggie Home ». Les mets
sélectionnés sont savoureux. Une rame du train aérien nous dépose à l’entrée du
marché de fin de semaine « Chatuchak Weekend Market » après
treize-heures trente. La création du marché de Chatuchak remonte à plusieurs
décennies. Il s’est installé à son emplacement actuel au cours de l’année 1982.
Une brève recherche sur Internet annonce la présence de plus de deux cent mille
personnes chacun des deux jours de son ouverture hebdomadaire. La vastitude du
marché, réparti sur plus de cent mille mètres carrés, et les innombrables
ruelles diluent la sensation de foule. Nous nageons parfois dans une marée
humaine sans pour autant être bousculés. Les visiteurs suivent le rythme du
pays dans la nonchalance, la lenteur et le calme. Il faut dire que la chaleur pesante
et les milliers d’échoppes participent à réfréner les ardeurs des acheteurs
compulsifs. Les millions d’articles présentés pourraient donner le tournis,
cependant il est impossible de tout voir en une seule journée. Nous nous
perdons dans les allées, les venelles et autres voies mercantiles. Nous
avançons au hasard en évitant toutefois les passages ensoleillés. Différentes
sections s’affichent sur des panonceaux suspendus, probablement pour tenter de
classifier l’ordre des catégories d’articles présentés : amulettes, objets
de collection et d'art, céramiques, vêtements, ornements, antiquités …et les
traditionnels étals de fruits, de légumes, de viandes, de poissons et de fruits
de mer… De nombreux restaurants, équipés de tables et de chaises en plastique, servent
de la nourriture thaïlandaise. Les visiteurs répondent favorablement à l’abondance
des mets proposés. Patrick repère un espace dédié au marché de légumes, de
fruits et autres aliments. Nous bifurquons. Des noix de cajou sont achetées. Nous
parvenons devant un étal qui sert des smoothies. Une préparation à l’ananas
pour Patrick et une autre à la banane pour moi sont commandées pour cinquante
bahts chacune, soit un peu plus d’un euro. Je regarde la marchande dans l’exécution
des rafraichissements. Dans le mixer, elle dépose le fruit, moult glaçons, deux
cuillères de quelque chose d’indéterminé et une tombée de lait « Carnation », le
lait évaporé riche et crémeux. Le résultat enchante les papilles. Plus loin j’achète
deux pantalons thaïs en toile de coton pour cent bahts chacun, soit moins de
trois euro. Nous échangeons un « wai » avec la souriante marchande. Nous
sortons progressivement du marché pour aller nous promener dans le parc voisin « Jatujak ».
Le lieu est prisé car de nombreuses personnes sont installées sur l’herbe sous
les arbres et au bord du lac dont la surface se froisse délicatement au léger souffre
du vent. Nous suivons le rythme du farniente en louant à une vielle dame pour
vingt bahts, cinquante centimes d’euro, une natte bleue et jaune, liserée de
rouge. Nous nous asseyons. Durant une soixante de minutes nous profitons de la
sérénité du lieu. Une brise nous rafraîchit et l’ombres de la végétation nous
protège des rayons solaires. Je me sens bien. Des pigeons voltigent. Des
pédalos et des barques glissent sur l’eau. Des écureuils batifolent. Des
enfants crient. Des citadins pique-niquent. Tout ce mouvement génère bien-être
et harmonie. Nous reprenons la balade. Des massifs de tournesols s’épanouissent
en beauté. Quelques ponts attrayants offrent de traverser le lac et les canaux.
Des œuvres d’arts sont réparties dans l’ensemble du vaste parc. Les commodités
sont pensées pour le confort des promeneurs. Une horloge fleurie est prise en
photo. La grande aiguille s’approche des dix-sept heures. Je pense à celle de
Genève vers le pont du Mont-Blanc. La magie et la dextérité des jardiniers confèrent
au parc charme, éclat et magnificence. Progressivement
nous retournons par les allées du jardin d’agrément vers le train aérien dont
la station constitue le terminus nord. Depuis les passerelles, un vaste parking
révèle la présence de centaines de voitures. Après dix-huit heures, nous dinons
au Coffee du « Mandarin Oriental Bangkok ». Nous nous laissons séduire par des
viennoiseries aux « visages » alléchants. Croissant aux amandes, Strudels
aux pommes, chausson au fromage, beignet divin au chocolat, tarte fine aux
pommes avec sa boule de glace vanille Bourbon composent la partition gourmande
du repas. La terrasse donne sur le vide d’un atrium traversé latéralement par
de longs escalators. Je ressens une légère sensation de vertige. La souriante Jantima,
le fringant Siwaporn et Suparat, la manager du coffee nous servent tour à tour.
Patrick sirote un soda au citron. Les dix-neuf heures s’envolent en sortant du
centre commercial Emporium. Sur la passerelle les lampions rouges et jaunes frémissent légèrement
au léger souffle du vent. Les yeux du dragon d’argent brillent d’éclats de
lumière rouge et jaune. Une rame du train aérien nous dépose à la station
proche du Citadines où nous passons une agréable soirée, la mémoire étoffée du
reflet évanescent des milliers d’articles entrés dans notre champ de vision au
marché légendaire...


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