Le jour se
lève en ce mardi 2 février 2559. L’année officielle en Thaïlande est l’année
Bouddhique qui débute à la mort de Buddha. Elle diffère de l’année chrétienne
de 543 ans. La Vie, sans début ni fin, s’amuse des calendriers des humains qui
pensent s’accaparer le temps en le morcelant et en l’organisant d’après les
dates de naissance ou de mort d’êtres remarquables. Quant à la température,
elle est détachée du ressenti humain ; dans la chambre elle parade à 27°.
Les rites matinaux s’imprègnent sur la trame du temps ou sont écrits sur le
« Grand Rouleau » comme dirait Jacques le Fataliste. L’appareil photo
est emporté pour le petit-déjeuner au buffet Horizon. Le ciel bleu constate la
présence de quelques nuages cotonneux effilochés. Un cortège de fruits variés
se succède. Ananas, orange verte du nord de la Thaïlande, goyave, melon,
pastèque, dragon fruit, raisins secs blonds et bruns, salade de fruits
dévoilent leur saveur. Des viennoiseries et autres douceurs enchantent les
papilles de Patrick. Du café et des jus sont sirotés… Les mots se forment dans
le chronojournal pour donner vie à la narration de la journée d’hier. Patrick
écoute une émission radio. D’autres activités ponctuent le déroulement de la
matinée. A midi nous sortons de l’hôtel pour prendre la direction de la rue
Patak. Nous allons déjeuner au restaurant vegan « O-Oh Farm » repéré hier. La
carte imagées des mets proposés est explorée. Nous choisissons un « Massaman
Curry » aux légumes, des légumes « Stir-fried vegetables » et du riz Sangyod
comme accompagnement. Un jus carotte avocat et un jus melon banane sont
commandés. La saveur de rouleaux aux amandes et quinoa « Almond Nikirit Quinoa
» est testée et très appréciée. Des crudités et de la salade hydroponique, cultivée
sur place, accompagnent les mets. La décoration du restaurant est ludique. Des
citations étoffent les murs. Des coins détente sont aménagés à divers endroits.
Le display de pâtisseries est attrayant. Nous vivons dans cet espace de découvertes
culinaires et visuelles durant environ deux heures. Café Mocha et chocolat chaud sont sirotés. Un billet de mille bahts
est photographié au moment de l’addition. Nous sortons vers quatorze heures
trente. Nous flânons sur Patak road en retournant à l’hôtel. Un bus collectif effectuant
la navette entre différents villages, une variante colorée et plus élaboré du
taxi collectif rouge découvert à Chiang Mai, nous dépasse et s’arrête sans
autre sur la route pour déposer un couple de touristes. Un petit commerce,
digne du pays des merveilles, apparaît sur un tapis vert devant un bâtiment
blanc. Sa conception sous forme de grosse barrique de métal jaune, posée sur son
cerclage, dévoile un passe-plat avec tablette sur la partie cintrée. Sur le
dessus du tonneau, devenu vertical, une ouverture ronde a été pratiquée
générant une autre tablette pour déposer les boissons et les aliments servis. Un
Jumbo éléphant, aux oreilles jaunes, vêtu d’une tunique bleue, relève sa trompe
à côté de deux chaises hautes en bois. Un vélo à la tubulure verte est posé
contre la séduisante réalisation qui baigne partiellement sur de la végétation ;
le possible moyen de transport de la personne qui anime cette attrayante
gargote... Chez « Sam Tailors », j’achète à une sympathique jeune femme
une chemisette décorée de palmiers et autres motifs. Les mots « Thailand Beach »
parent la fine toile de coton blanc. Nous traversons l’espace du sanctuaire «
Wat Suwan Kiriket » où des comptoirs de « marchands du temple » ont envahi le
site. Nous arrivons au Novotel un peu avant seize heures. Des photos sont
publiées sur le blog Siam. Patrick s’offre une petite sieste. Nous allons
ensuite nous détendre au bord de la piscine. Nous nous allongeons sur deux transats
sous un parasol. Je commence l’ouvrage sur Jim Thompson. La lecture s’annonce
palpitante. Un jus de noix de coco est siroté. Le soleil s’estompe derrière des
nuages et le jour commence à décliner. Les dix-huit heures approchent. Nous
retournons dans la chambre pour nous préparer pour le dîner. Patrick émet le
souhait de déguster une soupe à l’oignon. Nous nous rendons au restaurant « The
Cove » à l’hôtel Centara Grand où ce mets figure au menu. Durant le court
trajet, sur le rivage enténébré, un couple de mariés tout de blanc vêtu se
détache des ombres crépusculaires des éminents palmiers. Une vision
fantasmagorique bien insolite. L’accueil au restaurant « The Cove » est
toujours aussi agréable, efficace et attentif. Par exemple, le pain blanc a
disparu de la corbeille au profit de boules de pain complet aux graines servies
avec une coupelle individuelle d’huile aux herbes. Le personnel s’est aperçu que
les petites miches à la farine blanche restaient intactes dans le panier. Chapeau !
La soupe à l’oignon est servie avec une tranche de pain garnie de fromage fondu.
Patrick sirote de l’eau pétillante thaïe. Durant une petite heure nous passons
de divins moments, l’oreille baignée de la romance du Khim jouée par le
musicien thaï concentré sur son interprétation. La pluie participe à la mélodie
en alternant cataracte et averse. Elle cesse à notre sortie du restaurant pour
nous permettre de retourner tranquillement à l’hôtel. Sur la mer, de
mystérieuses lumières turquoise resplendissent et se balancent telles des
flammes de bougies chahutées par le vent. Patrick m’informe que ces halos bleu-vert
de lumière évanescente, telles des aurores boréales émeraude, proviennent de nombreux
bateaux de pêches utilisant des centaines d'ampoules LED vert fluo afin de capturer
dans leurs filets les calamars, ces habitants des profondeurs attirés par la lumière
éclatante. Ces lumières ont été repérées depuis l’espace pour la première fois
à la fin des années septante lorsque les scientifiques mettaient au point les
premières cartes nocturnes de la Terre…


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