A
onze heures nous nous dirigeons vers le métro. Un jeune homme francophone nous
demande des infos sur le quartier. Il souhaite se balader dans les alentours
avant un vol d’avion annoncé à quatorze heures. Une rame nous dépose à la
station suivante « Phetchaburi ». Nous sortons des entrailles de
Bangkok pour prendre le train à la gare de Makkasan connectée au métro par des
passerelles. Nous descendons à l’arrêt suivant « Ratchaprarop » dans le sens
opposé à celui de l’aéroport. Une fois au niveau du sol, nous cherchons le plus
haut gratte-ciel de la Thaïlande, repéré depuis la plateforme aérienne. Comme
nous sommes proches, nous devons lever les yeux au ciel pour nous diriger. Au
bout de la rue « Rajpraprop soi » la silhouette élancée du « Baiyoke Sky
Hotel » se dresse vers les cieux. Maintenir la tête relevée est un challenge
pour la nuque. Nous entrons. Nous avons la sensation de pénétrer dans une
« usine » à touristes chinois. Il nous faut joindre le dix-neuvième
étage pour valider la réservation effectuée hier sur Internet. Des files
d’attente sont constituées un peu partout, notamment devant les ascenseurs. Le
« troupeau » dont nous faisons partie est canalisé par de charmantes
hôtesses en mode tout sourire. Une d’entre elles presse des touristes qui
obtempèrent en se hâtant devant nous. Une fois au guichet, notre tour venu, deux
tickets avec code barre nous sont remis. Nous sommes conviés à nous rendre au
82ème étage au buffet « Crystal Grill ». Nous intégrons une autre
file d’attente pour joindre le 77ème étage. Ensuite un autre
ascenseur nous dépose cinq étages plus hauts. Nous sommes dans le ciel délavé
de Bangkok. La ville se déploie à nos pieds à perte de vue sur 360°. Nous
occupons une table à deux places réservée à côté d’un vitrage. Un imposant
échangeur routier se dessine au premier plan avec ses courbes enchevêtrées. Les
voitures, tels des dominos en mouvement, semblent circuler au ralenti. Cette
impression est due à la hauteur. Les dominos roses, jaunes et verts dominent
dans le trafic ; il s’agit des taxis. Sur la gauche nous apercevons le
Monument de la Victoire, facilement discernable avec son obélisque. A une
faible distance à l’œil, toute relative, nous distinguons la structure
commerciale du « King Power Complex », sa superbe géode vitrée et la tour de
l’hôtel Pullman adjacent. Je photographie le set de table qui promotionne les
restaurants et services de l’hôtel. Au centre un schéma ludique donne des
informations sur la tour la plus haute de Thaïlande. Elle mesure 309 mètres de
hauteur ce qui correspond à environ 182 personnes montées les unes sur les
autres …et 344 mètres à la pointe de son antenne ajoutée en 1999. La superficie
au sol de tous les étages correspond à l’étendue de trente stades de football.
Les superlatifs sont de mise pour cette construction édifiée en 1997, voici
bientôt vingt ans. Son coût de construction avoisina les cent millions d’euro…
Nous découvrons le buffet. Il est adapté aux clients chinois et les mets
végétariens sont rares. Je picore à droite à gauche pour tester ce qui agrée
mon regard. Je termine la collation avec quelques douceurs où je retire les
parties sucrées. Après le repas nous prenons quelques photos panoramiques de
Bangkok. Les vitres sont mâchurées et ternies par le temps. La netteté est
absente. Nous tentons de repérer, avec succès, le quartier du Citadines ainsi
que les lieux visités. En prenant comme repères le tracé du train aérien et les
canaux, nous parvenons à nos fins. La masse de la tour Bobae et du palace
Prince, au bord du canal « Maha Nak », se détache des constructions basses
environnantes…Les quatorze heures passent et nous sortons de l’hôtel en
empruntant plusieurs ascenseurs. Nous joignons la rue « Ratchadamri Road »
appelée aussi « Rajdamri Road » ; la traduction des mots thaïs
varie au regard des niveaux de sonorités évoqués hier par François. Nous
bifurquons à droite après un regard dans une boutique sur de grands éventails
colorés dessinés de paysages et autres motifs thaïs. Nous passons devant le
centre commercial Palladium réparti en trois zones distinctes. Derrière la
première, un hôtel Centara aux couples d’or retient l’attention. Un triporteur
tuk-tuk rose vif carrossé, à l’enseigne « Cheese Ball », adapté en
séduisant étal alimentaire, propose aux passants des boulettes de fromage frit.
Les trottoirs sont majoritairement occupés par des étals de marchandises et de
comptoirs alimentaires. La foule est au rendez-vous et nous slalomons en croisant
les autres promeneurs. Une fois à ciel découvert, nous guettons les zones d’ombre
pour se cacher des ardents rayons solaires. Nous atteignons le vaste Mall «
Central World ». Nous traversons ce labyrinthe d’allées mercantiles sans trop
nous perdre pour sortir par la passerelle conduisant au train aérien. Ainsi nous
pouvons atteindre notre objectif, le centre Gaysorn, calme et feutré, sans
avoir à traverser le flot de véhicules de la route Sukhumvit. Nous nous offrons
un temps de détente et de douceur chez
« 1823 Tea Lounge » après un peu moins de deux kilomètres de marche. Entre quinze
heures vingt et seize heures trente, nous sommes confortablement installés dans
de spacieux cabriolets et choyés par le nombreux personnel féminin du coffee
salon de thé. Une forêt noire et un muffin « Red Velvet » « Velours
rouge », une métaphore pour dire « à la fraise », sont dégustés.
Du thé Splendid Earl Grey et Rooibos Lemon sont sirotés. Les tables sont
majoritairement occupées en ce dimanche après-midi. Les convives de différentes
tables ont opté pour le thé de l’après-midi qui consiste en une variété de douceurs
salées et sucrées présentée en harmonie sur trois petits plateaux étagés. Une
dame américaine bien en chair et un homme thaï profitent pleinement de cette
cérémonie élaborée du thé. Le jeune homme sourit constamment. Des boites de
thés, des tasses suspendues par leur anse et deux rangées de théières sont
photographiés dans leur présentoir en prolongement du comptoir. À l’étage
inférieur, un pianiste joue des musiques d’Edith Piaf. Après ces instants
appréciés, nous découvrons au niveau inférieur une exposition de Khun Kittipong
Kamsart, intitulée « GOH-M Buddha Bless ». Inspiré par son amour pour
tous les êtres vivants, les animaux jouent un rôle majeur dans l’œuvre de l’artiste.
Des photos de tableaux et de réalisations ludiques en trois dimensions,
suspendues dans l’atrium du centre commercial, sont réalisées. Nous rejoignons
ensuite le côté opposé de la route Sukhumvit en traversant le centre commercial
« Amarin ». Nous suivons la structure en béton du train aérien qui
surplombe la route en avançant en direction du Citadines. Nous marchons durant
trois kilomètres environ. En chemin nous décidons d’aller dîner chez Saras. Je
prends quelques photos en cours de trajet, dont certains shoppings centers. Je
pense que Bangkok doit détenir le record du nombre de centres commerciaux au
kilomètre carré. Nous effectuons une petite pause au parc privé « Chuvit Park ». Nous
nous asseyons sur un banc en bois rustique. Le jour commence à décliner. Le
disque solaire s’estompe au regard derrière un kiosque ovale à la toiture en
pans coupés… Nous reprenons notre chemin. Parvenus chez Saras après dix-huit
heures, nous commandons des Daal Tadka et un velouté épicé à la tomate pour Patrick. L’achat d’ananas,
devenu traditionnel, s’effectue auprès de la charmante marchande au bord de
Sukhumvit. La soirée se poursuit plaisamment au Citadines…



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