La matinée se
déroule agréablement entre rites, petit-déjeuner, recherches Internet sur
Bangkok et autres plaisantes activités… Une nouvelle expérience culinaire se
déroule chez « Saras » pour le déjeuner. Les notes « Rava Dosa » et
« Vegetable Byriani » s’ajoutent sur la portée de la partition musicale
jouée précédemment pour les papilles dans le restaurant. Un chat nous regarde placidement
sortir après le repas… Quand les quatorze heures sonnent, nous marchons en
bordure de la route Sukhumvit ponctuée régulièrement d’étals et de comptoirs
alimentaires. Nous passons devant le centre commercial « Times
Square ». Un peu plus loin le parc « Chuvit Park » entre dans
notre champ de vision. Le parc est fermé. Nous continuons d’avancer. A droite
de la route, je prends en photo le haut de la façade d’un building original.
Sur les vitrages fumés du dernier étage, l’abréviation « 180° » se
dévoile cinq fois en enfilade. Après enquête, il s’agit du « 180 °
Lounge » qui propose un thé de l’après-midi. Il est situé sur le toit du
« Grand Hôtel Suisse »… De jeunes
garçons vêtus de tuniques orange et jaune « coucher de soleil » s’approchent
en sautillant avec jovialité, telle une volée de papillons. Enjoués, gais et
d’humeur rieuse, ils nous demandent un billet de cent bahts pour Bouddha. Leur
attitude chaleureuse et leurs sourires nous invitent à satisfaire à leur
demande. Nous offrons un billet dans une des coupes dorées. Je prends en photo
le dernier garçon resté avec nous. Patrick donne un second billet de cent
bahts. L’adolescent aux anges, esquisse un large sourire et court à grandes
enjambées rejoindre les autres en poussant des cris de joie… Après quatorze
heures, l’hôtel « Landmark Plaza » se distingue des autres hôtels de
la route par une vaste, spacieuse et accueillante terrasse. Du mobilier en teck
à la nuance chaude du merisier, des coussins de sièges vert tilleul, des parasols à l’armature
en bois et à la toile assortie aux assises confèrent une atmosphère coloniale,
soulignée par la présence de végétation et de bosquets d’arbres feuillus. La
décoration est complétée par des tables rondes de bar, en bois noir wengé, flanquées
de hauts fauteuils aux assises en cuir fauve cloutées d’or. L’invitation à s’offrir
une pause détente est acceptée. Après une courte exploration à l’intérieur, nous
prenons place dans un large canapé cubique en cuir noir. Nous sirotons des
cafés Mocha. Nous nous prenons en photo avec le retardateur de l’appareil Fuji.
La lumière reflétée par les vitrages d’un building en face en ébauche de
pyramide éclaire nos visages à contre-jour. Je regarde la vie en mouvement. Je
me sens bien. Mon regard se promène. Un homme mange des spaghettis. Il aspire
les pâtes longues et fines qui dégoulinent de sa fourchette. A la table devant
nous, un jeune couple déjeune. Des smoothies à la fraise, un plat principal accompagné
de riz et des sodas aux glaçons composent leur repas. Un jeune homme à la peau
laiteuse, au cheveu châtain clair et à la corpulence généreuse mange comme un
marathonien. Une Vénus callipyge africaine, arborant tunique rose et pantalon
noire, entre avec élégance dans l’hôtel en parlant au téléphone. Les minutes
passent et le soleil s’estompe de la façade. Un serveur enlève deux parasols
avec dextérité. Au bar sur la gauche, une jeune employée thaïe au sourire
continuel tamponne mécaniquement des carnets à souche avec le sigle de l’hôtel.
Une multitude de blocs sont présents dans un tiroir devant elle. Les affaires
marchent bien. De l’autre côté de la route, une enseigne américaine est
partiellement cachée par des feuillages et par les câbles aériens. A quinze
heures trente nous quittons ce lieu de bien-être et nous nous dirigeons vers la
librairie francophone du Siam et des Colonies. Un passage piéton se dévoile
opportunément pour traverser la route au trafic continuel. Sur la chaussée, je
photographie un étal ambulant entièrement couverts d’une panoplie de stickers.
Je me demande comment le conducteur arrive à se diriger avec cette carapace
compacte. Un 7-Eleven nous fait signe. Nous entrons pour acheter une petite
bouteille d’eau pétillante thaïe. Assis autour d’une petite fontaine ovale,
nous buvotons. J’ajoute de l’eau pétillante au jus de grenade acheté après le
déjeuner. Nous reprenons notre chemin. Nous parvenons une quinzaine de minutes
avant seize heures à la librairie. Elle est de nouveau fermée. La chance appuie
avec moi sur la « ring », sur la sonnette. Nous patientons quelques
instants et, soudain, une porte s’ouvre. Un monsieur approche et la magie de la
chance opère. Je lui parle de notre première venue lundi dernier. Malgré la
fermeture, il nous invite, dans une confiance spontanée, à entrer, à découvrir
les quelques seize mille livres, rares pour la plupart, et à garder les lieux
pendant son absence à la banque. Il nous explique que lundi dernier était jour
de fête nationale. La fête de « Makha Bucha » commémorait le lundi 22
février le jour où mille deux cent cinquante disciples de Bouddha se réunirent
spontanément pour écouter un sermon définissant les principes fondamentaux du
bouddhisme. Ce jour-là, les adeptes se rendent au temple dès le matin pour
faire des offrandes. Le soir venu une procession s’organise sous la conduite
des bonzes. Les personnes présentes font trois fois le tour du temple en tenant
des bougies à la main… En l’absence de François Doré, après la prise de
quelques photos, assis sur un canapé cubique en canne tressée recouvert d’une
housse orange, je lis quelques paragraphes du livre « Indochine – Un rêve
d’Asie ». Patrick scrute les rayonnages. Je lis de belles phrases bien
construites qui offrent à l’imaginaire de visualiser les scènes décrites. L’envie
d’acquérir le livre est née… François revient, nous bavardons. Je parle de Jim
Thompson. Il me donne le nom d’un contact chez Jim. Il note notre adresse mail
pour l’envoi de sa lettre mensuelle où il dévoile l’existence d’écrivains
tombés dans l’oubli. Il nous parle d’une recherche inaboutie effectuée sur le
savoyard Eugène Clovis Roux. Nous achetons un recueil de poésie et le livre sur
les rêves d’Asie. Je feuillète un livre sur les paquebots des Messageries Maritimes.
A dix-sept heures nous laissons François attendu par de l’ouvrage. Il nous
raccompagne au bout de l’allée après une prise de photo. Il salue en langue
thaïe une dame de retour d’emplettes. Il s’agit de sa voisine. Il ajoute à
notre attention que la langue thaïe comporte sept niveau de sonorités ; son
apprentissage est annoncée comme ardu pour le pratiquant de la langue
francophone à une seule tonalité. Je suis sous le charme de ce personnage hors
du commun arrivé en Thaïlande au début des années 1970 lors de la guerre du
Vietnam… Nous nous baladons ensuite le long de « Soi Nana Nuea » dans
Sukhumvit 3. La flânerie nous conduit au croisement avec la rue « Thanon Phetchaburi ».
Nous dépassons le « Grace Hotel » et nous franchissons le canal « Saen
Saeb » qui passe notamment devant chez Jim Thompson ; l’embarcadère « Nana Nua
» est à proximité. Nous revenons sur nos pas. Le long de la rue, bordée de
nombreux comptoirs animés, un homme dort recroquevillé dans une cabine
téléphonique… Vers dix-huit heures nous entrons au « Landmark Plaza ».
Nous dînons au « Bakery & Cafe ». Nous dégustons du gâteau café nougatine, du
gâteau aux carottes et du gâteau au chocolat avec des smoothies à la banane. Durant
la préparation de la commande, je monte au trente-deuxième étage pour la prise
de photos. Le Nana Square en face de l’hôtel Marriott semble tout petit. La demi-pyramide,
complice de la photo sur le canapé deux places, est photographiée. Le disque couchant
de l’astre solaire est en feu. La table où nous dînons est située en bordure d’un
atrium décoré de palmiers aux troncs illuminés par des LED. Les minutes s’envolent
agréablement… A la nuit tombée, lors du retour au Citadines par la route
principale Sukhumvit, des morceaux d’ananas sont achetés à l’étal d’un jeune
homme. Plus loin j’admire des rouleaux de décors asiatiques dont un aux motifs
rouges et or qui me plaisent particulièrement. Nous constatons que le parc
Chuvit est maintenant ouvert… Morphée nous accueille après cette journée riche
en surprises…
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