samedi 27 février 2016

Chance dorée à Bangkok…

La matinée se déroule agréablement entre rites, petit-déjeuner, recherches Internet sur Bangkok et autres plaisantes activités… Une nouvelle expérience culinaire se déroule chez « Saras » pour le déjeuner. Les notes « Rava Dosa » et « Vegetable Byriani » s’ajoutent sur la portée de la partition musicale jouée précédemment pour les papilles dans le restaurant. Un chat nous regarde placidement sortir après le repas… Quand les quatorze heures sonnent, nous marchons en bordure de la route Sukhumvit ponctuée régulièrement d’étals et de comptoirs alimentaires. Nous passons devant le centre commercial « Times Square ». Un peu plus loin le parc « Chuvit Park » entre dans notre champ de vision. Le parc est fermé. Nous continuons d’avancer. A droite de la route, je prends en photo le haut de la façade d’un building original. Sur les vitrages fumés du dernier étage, l’abréviation « 180° » se dévoile cinq fois en enfilade. Après enquête, il s’agit du « 180 ° Lounge » qui propose un thé de l’après-midi. Il est situé sur le toit du « Grand Hôtel Suisse »…  De jeunes garçons vêtus de tuniques orange et jaune « coucher de soleil » s’approchent en sautillant avec jovialité, telle une volée de papillons. Enjoués, gais et d’humeur rieuse, ils nous demandent un billet de cent bahts pour Bouddha. Leur attitude chaleureuse et leurs sourires nous invitent à satisfaire à leur demande. Nous offrons un billet dans une des coupes dorées. Je prends en photo le dernier garçon resté avec nous. Patrick donne un second billet de cent bahts. L’adolescent aux anges, esquisse un large sourire et court à grandes enjambées rejoindre les autres en poussant des cris de joie… Après quatorze heures, l’hôtel « Landmark Plaza » se distingue des autres hôtels de la route par une vaste, spacieuse et accueillante terrasse. Du mobilier en teck à la nuance chaude du merisier, des coussins de sièges vert tilleul, des parasols à l’armature en bois et à la toile assortie aux assises confèrent une atmosphère coloniale, soulignée par la présence de végétation et de bosquets d’arbres feuillus. La décoration est complétée par des tables rondes de bar, en bois noir wengé, flanquées de hauts fauteuils aux assises en cuir fauve cloutées d’or. L’invitation à s’offrir une pause détente est acceptée. Après une courte exploration à l’intérieur, nous prenons place dans un large canapé cubique en cuir noir. Nous sirotons des cafés Mocha. Nous nous prenons en photo avec le retardateur de l’appareil Fuji. La lumière reflétée par les vitrages d’un building en face en ébauche de pyramide éclaire nos visages à contre-jour. Je regarde la vie en mouvement. Je me sens bien. Mon regard se promène. Un homme mange des spaghettis. Il aspire les pâtes longues et fines qui dégoulinent de sa fourchette. A la table devant nous, un jeune couple déjeune. Des smoothies à la fraise, un plat principal accompagné de riz et des sodas aux glaçons composent leur repas. Un jeune homme à la peau laiteuse, au cheveu châtain clair et à la corpulence généreuse mange comme un marathonien. Une Vénus callipyge africaine, arborant tunique rose et pantalon noire, entre avec élégance dans l’hôtel en parlant au téléphone. Les minutes passent et le soleil s’estompe de la façade. Un serveur enlève deux parasols avec dextérité. Au bar sur la gauche, une jeune employée thaïe au sourire continuel tamponne mécaniquement des carnets à souche avec le sigle de l’hôtel. Une multitude de blocs sont présents dans un tiroir devant elle. Les affaires marchent bien. De l’autre côté de la route, une enseigne américaine est partiellement cachée par des feuillages et par les câbles aériens. A quinze heures trente nous quittons ce lieu de bien-être et nous nous dirigeons vers la librairie francophone du Siam et des Colonies. Un passage piéton se dévoile opportunément pour traverser la route au trafic continuel. Sur la chaussée, je photographie un étal ambulant entièrement couverts d’une panoplie de stickers. Je me demande comment le conducteur arrive à se diriger avec cette carapace compacte. Un 7-Eleven nous fait signe. Nous entrons pour acheter une petite bouteille d’eau pétillante thaïe. Assis autour d’une petite fontaine ovale, nous buvotons. J’ajoute de l’eau pétillante au jus de grenade acheté après le déjeuner. Nous reprenons notre chemin. Nous parvenons une quinzaine de minutes avant seize heures à la librairie. Elle est de nouveau fermée. La chance appuie avec moi sur la « ring », sur la sonnette. Nous patientons quelques instants et, soudain, une porte s’ouvre. Un monsieur approche et la magie de la chance opère. Je lui parle de notre première venue lundi dernier. Malgré la fermeture, il nous invite, dans une confiance spontanée, à entrer, à découvrir les quelques seize mille livres, rares pour la plupart, et à garder les lieux pendant son absence à la banque. Il nous explique que lundi dernier était jour de fête nationale. La fête de « Makha Bucha » commémorait le lundi 22 février le jour où mille deux cent cinquante disciples de Bouddha se réunirent spontanément pour écouter un sermon définissant les principes fondamentaux du bouddhisme. Ce jour-là, les adeptes se rendent au temple dès le matin pour faire des offrandes. Le soir venu une procession s’organise sous la conduite des bonzes. Les personnes présentes font trois fois le tour du temple en tenant des bougies à la main… En l’absence de François Doré, après la prise de quelques photos, assis sur un canapé cubique en canne tressée recouvert d’une housse orange, je lis quelques paragraphes du livre « Indochine – Un rêve d’Asie ». Patrick scrute les rayonnages. Je lis de belles phrases bien construites qui offrent à l’imaginaire de visualiser les scènes décrites. L’envie d’acquérir le livre est née… François revient, nous bavardons. Je parle de Jim Thompson. Il me donne le nom d’un contact chez Jim. Il note notre adresse mail pour l’envoi de sa lettre mensuelle où il dévoile l’existence d’écrivains tombés dans l’oubli. Il nous parle d’une recherche inaboutie effectuée sur le savoyard Eugène Clovis Roux. Nous achetons un recueil de poésie et le livre sur les rêves d’Asie. Je feuillète un livre sur les paquebots des Messageries Maritimes. A dix-sept heures nous laissons François attendu par de l’ouvrage. Il nous raccompagne au bout de l’allée après une prise de photo. Il salue en langue thaïe une dame de retour d’emplettes. Il s’agit de sa voisine. Il ajoute à notre attention que la langue thaïe comporte sept niveau de sonorités ; son apprentissage est annoncée comme ardu pour le pratiquant de la langue francophone à une seule tonalité. Je suis sous le charme de ce personnage hors du commun arrivé en Thaïlande au début des années 1970 lors de la guerre du Vietnam… Nous nous baladons ensuite le long de « Soi Nana Nuea » dans Sukhumvit 3. La flânerie nous conduit au croisement avec la rue « Thanon Phetchaburi ». Nous dépassons le « Grace Hotel » et nous franchissons le canal « Saen Saeb » qui passe notamment devant chez Jim Thompson ; l’embarcadère « Nana Nua » est à proximité. Nous revenons sur nos pas. Le long de la rue, bordée de nombreux comptoirs animés, un homme dort recroquevillé dans une cabine téléphonique… Vers dix-huit heures nous entrons au « Landmark Plaza ». Nous dînons au « Bakery & Cafe ». Nous dégustons du gâteau café nougatine, du gâteau aux carottes et du gâteau au chocolat avec des smoothies à la banane. Durant la préparation de la commande, je monte au trente-deuxième étage pour la prise de photos. Le Nana Square en face de l’hôtel Marriott semble tout petit. La demi-pyramide, complice de la photo sur le canapé deux places, est photographiée. Le disque couchant de l’astre solaire est en feu. La table où nous dînons est située en bordure d’un atrium décoré de palmiers aux troncs illuminés par des LED. Les minutes s’envolent agréablement… A la nuit tombée, lors du retour au Citadines par la route principale Sukhumvit, des morceaux d’ananas sont achetés à l’étal d’un jeune homme. Plus loin j’admire des rouleaux de décors asiatiques dont un aux motifs rouges et or qui me plaisent particulièrement. Nous constatons que le parc Chuvit est maintenant ouvert… Morphée nous accueille après cette journée riche en surprises…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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