dimanche 14 février 2016

Fête de la Saint-Valentin à Karon…

À notre arrivée pour le petit-déjeuner, la salle est peu fréquentée. Les familles chinoises arriveront plus tard. Le vent se lève et son souffle est le bienvenu ; le début de matinée est déjà très chaud. Sur le siège de la dame asiatique âgée d’hier matin, une autre dame a pris place. En face d’elle son mari déjeune avec appétit. Il savoure notamment une tranche de côte de porc grillé « roasted pork ribs ». La dame, bouffie selon un terme utilisé par Patrick, a déposé sur le côté de son assiette un pilulier avec une case pour chaque journée de la semaine. S’agit-il de médicaments hormonaux, pour le diabète ou autres troubles ? Quoi qu’il en soit, le plaisir du petit-déjeuner se rit des symptômes pour profiter de l’abondance des mets sans s’absorber dans les compatibilités alimentaires. Avant l’arrivée de ces deux personnes, un autre couple occupait la table. Il est parti en laissant des assiettes presque pleines ; sushi, fruits et autres victuailles. Cette attitude m’interpelle encore bien que je la constate depuis plusieurs années dans les buffets qui regorgent pourtant de nourriture… La Lecture de la légende sur Jim Thompson agrémente une partie de la matinée. Vers midi nous marchons sur Patak Road pour aller déjeuner à la maison de bambou « Corner Café ». En chemin, devant un magasin général dont l’activité s’accorde aujourd’hui à celle d’un fleuriste, un arceau décoré de ballons roses et de peluches colorées a été installé sur la devanture pour le « Valentine Day », pour la Saint Valentin. Plus loin dans une petite cour, en bordure du trottoir ajouré pour recevoir l’eau des moussons, une dame baigne un bébé dans une bassine bleu clair. Des plantes en pots délimitent quelque peu l’espace privé. Une scène de vie charmante, riche de simplicité et de naturel, embrasse le regard. Le bambin, les yeux captés par un attrait qui m’échappe, sa menotte gauche tenant un possible jouet, s’abandonne à la douce ablution. Cette ingénuité, cette façon d'être spontanée, cette fraicheur sans prétention, font écho en moi. La complexité du développement occidental en matière d’habitation nous a-t-elle privés de cette simplicité de vie empreinte de joie et de sérénité ? Nous nous installons à une petite table en bordure de la chaussée animée. Le ventilateur au-dessus de nos têtes est activé pour notre confort sans demande de notre part. L’attention est une des composantes du rythme de vie en Thaïlande. Nous commandons deux smoothies à la banane. Les préparations, excellentes, sont sirotées tranquillement. Nous nous offrons ensuite deux « Banana Splits » pour célébrer la Saint-Valentin. La créativité de la préparatrice dévoile deux coupes différentes. La standardisation des groupes hôteliers est heureusement contrebalancée par la spontanéité locale des thaïlandais. Le sablier du temps s’écoule lentement. Depuis la table, le regard se promène sur la circulation avec en fond de tableau le sanctuaire « Wat Suwan Kiriket » auréolé de ciel bleu. Un side-car alimentaire élaboré et caréné, couvert d’une bâche bleue plastifiée, s’arrête devant un étal de boissons. Le conducteur se désaltère avant de repartir à la conquête des touristes. Le siège a été enjambé des centaines de fois ; le cuir ou le skaï a disparu sur l’assise et la mousse est maintenant mise à contribution. Après treize heures trente, nous rebroussons chemin pour nous rendre à l’hôtel. La chaleur est telle que nous différons tout projet de visite alentours. Je prends en photo deux devantures de restaurants. La première présente une abondance d’ananas. La seconde joue sur une décoration recherchée qui met en scène une moto en bois et un bateau coloré derrière une tablette où sont disposés des gobelets de fruits indiquant les smoothies à commander. Un éléphant en bordure d’une terrasse est figé sur un support de couleur verte. La façade de la pharmacie, en travaux, où nous avons acheté du gel d’aloe vera pour les brulures du soleil, est photographiée partiellement. Il est étonnant de voir sur le vitrage de l’officine un panonceau avec les mots « Cigarettes sold here » « Cigarettes à la vente ici »… A quatorze heures vingt, au bord du lac devant l’hôtel, le long du chemin ombragé qui le ceinture, un homme fait une sieste dans son side-car. Il est allongé sur le dos sur un carton dans la caisse métallique à la tubulure métallique verte. Une dizaine de minutes plus tard, nous sommes allongés sur des transats en bordure de la piscine située en contrebas de notre chambre. Je continue de découvrir la légende de Jim Thompson. Patrick se repose. Le soleil progresse et commence à lécher l’emplacement où nous sommes installés. Nous décidons d’aller nous désaltérer à la paillote du bord de plage. Nous savourons un smoothie à la banane tout en promenant le regard sur le rivage. Les tables sont toutes occupées. Des francophones laissent place à deux couples de garçons anglophones. La forte chaleur est tamisée par le vent qui souffle par intermittence. Le mouvement des baigneurs anime le site idyllique. L’après-midi se poursuit agréablement dans la chambre. Après dix-huit heures, nous sommes en chemin pour vivre la soirée de la Saint-Valentin au Centara Grand. Mae nous accueille et nous invite à prendre des photos du soleil couchant. Un navire de croisière de la compagnie « Thomson Cruises » glisse imperceptiblement sur les eaux scintillantes de la baie. Durant une quinzaine de minutes, les clichés suivent l’immersion progressive de l’astre solaire dans les flots argentés. Des employés du Resort fixent des ballons rouges et argentés, en forme de cœur, gonflés à l’hydrogène, sur les terrasses à la lisière de la plage. Un canapé deux places est né dans la coque d’un petit bateau en bois clair. Nous nous installons à la table réservée par Mae à côté de l’artiste qui va animer la soirée par ses chansons interprétées à la guitare. Une composition florale agrémente la table nappée en blanc et décorée de pétales de roses rouges ; une attention de notre hôtesse. Deux apéritifs offerts nous accueillent. Sur le buffet de desserts, un gâteau rouge en forme de cœur trône sur une plaque en verre saupoudrée de sucre glace où les mots « I love you » ont été dessinés. Dans une verrine transparente, des mini-cœurs en biscuits nappés fraise et chocolat invitent à être croqués. Des boîtes de cacao van-Houten sont harmonieusement empilées dans la décoration. Nous savourons les mets végétariens du buffet, l’ouïe agréablement bercé des romances de la musicienne. J’agrémente d’arachides et de morceaux de fromages variés, fortement appréciés par les papilles gustatives, les crudités et les tranchettes de légumes rôtis. Un gratin de pâtes dévoile sa saveur. Une farandole de desserts m’offre de déguster des cubes de forêt noire, un petit éclair au chocolat, du gratin d’ananas, une petite part de tarte banane mangue et une boule de crème glacée à la fraise… Mae nous fait cadeau des infusions : camomille et thé Earl Grey. Arrivés dans le restaurant vers dix-huit heures quarante, nous en ressortons après vingt-et-une heure. Une soirée bien agréable en amoureux se termine où nous fûmes pris en photo avec un petit appareil Fuji instantané. Avant de retourner au Novotel, Mae nous offre un régime de bananes. Que de délicatesse !... Le long du trajet, le régime est gracieusement donné aux conducteurs de tuk-tuk taxi, ravis de cette attention…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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