Le début de
matinée voit s'égrener lors de son écoulement les diverses activités coutumières.
Après onze heures, la persévérance sur le site d’Asia Books porte ses fruits. La
troisième tentative est la bonne. Nous parvenons à faire envoyer au restaurant
« The Cove », au Centara Grand Beach Resort à Karon, cinq exemplaires du livre
en langue thaïe « เจ้าชายน้อย » « Le Petit Prince » à la Manager
Monthip et à son équipe, pour les remercier de toutes leurs attentions à notre
égard… Entre midi et treize heures, nous déjeunons chez « Saras », le
restaurant végétarien indien et thaï sur Sukhumvit Soi 20, situé à une dizaine
de minutes de marche du Citadines… Des samosas, des nouilles chinoises avec des
légumes sautés et une sauce épicée « Schezuan » qui enflamme les
muqueuses de la gorge de Patrick, des légumes variés en sauce, du riz au curry
agrémenté de noix de cajou grillées « Kashmiri » et du thé
« Masala » nous sont servis avec le sourire. A la table voisine, un
grand jeune homme non thaï mange un thali « Rasjasthani » en buvant un lait
froid « Badam ». A la sortie du restaurant, nous croisons le regard d’un chat
gris-blanc qui patiente le temps d’une photo. Son expression m’interpelle… Un passage
au Citadines précède notre présence dans une rame du train aérien qui nous
dépose à la station « Nana ». Nous recherchons sur Sukhumvit Soi 4 l’agence de
voyage « July Travel » animée par Chin, rencontrée chez May le jeudi 18
février. La porte est fermée. Un message est écrit et glissé au travers de la
fente entre les deux battants vitrés de la porte… Une autre exploration
commence pour trouver sur Sukhumvit Soi 1 la « Librairie du Siam et des
Colonies – Compagnie Générale du Siam Ltd. ». Devant l’hôtel « Phachara
Suites », un bâtiment est en phase finale de démolition. Les gravas s’empilent
et sont évacués. Démolir et construire est une activité continuelle dans
Bangkok qui change progressivement de visage. L’obstacle constitué par la route
à grande circulation Sukhumvit nécessite de trouver une passerelle pour joindre
l’autre rive de ce fleuve de véhicules. Nous entrons dans le « Park
Venture Mall » où un des innombrables 7-Eleven de la ville a pris place. Les
quinze heures s’annoncent et nous décidons d’effectuer une petite pause. Patrick
achète dans ce magasin de proximité une eau pétillante thaïe à neuf bahts, soit
quelques vingt centimes d’euro. Cette même boisson était vendue cent cinq bahts
au restaurant « The Cove » à Karon. L’eau et le jus de grenade,
acheté à l’étal d’une jeune fille thaïe avec un jus de citron vert après le
déjeuner, sont sirotés dans un espace détente en bois clair du hall du Venture,
installé à côté du Coffee « Dean & DeLuca », une franchise encore
inconnue. Le premier Coffee fut fondé à New York par Giorgio DeLuca et Joel
Dean en 1977. J’ajoute un peu d’eau pétillante au jus de grenade. Après cet
intermède, nous accédons à une passerelle aérienne depuis le « Park Venture ».
Nous constatons la présence d’un
building en construction piloté par Bouygues. Nous accédons à un second centre
commercial pour joindre le côté opposé de la route. Il s’agit du « Central
Embassy » construit sur l’emplacement de l’ancienne ambassade britannique. Nous
en profitons pour découvrir le complexe moderne et design, à la déco
minimaliste, qui semble très récent. Un café Paul se dévoile dès l’entrée. La
façade de la brasserie « Water Library » me rappelle une arche de la
Tour Eiffel. Au sixième niveau, des cabriolets enveloppants et élancés en cuir
fauve trônent devant l’entrée des cinémas où une superbe composition florale
colore le regard. Autre part une fillette fait de la balançoire à côté d’un
arbre. Un étal turquoise mobile affiche clairement ses deux grandes roues blanches
cerclées de noir. Un escalator nous dépose au niveau de la rue. Un cheval
monumental né de l’imaginaire de Fernando Botero se prélasse devant l’entrée. Nous
marchons à nouveau sur Sukhumvit dans le sens inverse sur le côté recherché.
Nous traversons pour la seconde fois une ancienne voie ferrée longée par des
étals et des comptoirs. Nous bifurquons à gauche dans Sukhumvit Soi 1. Nous
passons devant la galerie de tableaux modernes et contemporains « Sombat
Permpoon Gallery ». Sur le porche carré à colonnade, une sculpture représentant
un peintre en action retient l’attention du marcheur. Un peu plus loin, nous
prenons à droite où un ultime 7-Eleven a pris place à l’angle de la rue. Au
fond d’une charmante ruelle, la librairie francophone du Siam et des Colonies est
fermée. Le lundi est probablement le jour de relâche pour l’historien et érudit
François Doré, le fondateur de cette bibliothèque comportant plusieurs dizaines
de milliers de volumes rassemblés patiemment au fil des ans. La découverte de
cette caverne d’Ali Baba sur la littérature indochinoise et des colonies sera
pour une autre fois... Nous décidons d’aller nous désaltérer sans trop savoir
où au regard de la difficulté à traverser la route Sukhumvit. Nous prenons
finalement le train aérien pour joindre le complexe « Central Embassy » dans le
dessein de se désaltérer chez Paul. Depuis la passerelle, une maison thaïe et
ses dépendances dans un écrin de verdure, isolée parmi les buildings
jaillissants, s’offre inopinément au regard. A destination nous sommes trouvons
devant le « Central Chidlom Mall » alors que je pensais arriver
devant le « Central Embassy Mall », connecté toutefois au premier Mall cité.
Bizarrement je me sens comme pris au piège par toute cette structure bétonnée
rigide inadaptée aux personnes à mobilité réduite. Las et irrité de devoir monter
encore des marches d’escaliers après celles répétées du train aérien, je fulmine
contre Patrick aucunement responsable de cette situation. Une fois parvenus au
Central Embassy, nous nous dirigeons chez « Paul Thailand ». Nous
entrons dans le café à dix-sept heures. Devant un jus de pomme pressé, durant
une quarantaine de minutes environ, une introspection de ma conscience se
déroule. Un regard attentif sur moi-même me permet d’observer et de réfléchir
sur l’action dysfonctionnelle commise à la sortie du train dans le dessein de
cerner la cause de mon acte et d’en comprendre le ou les mécanismes déclencheurs.
Nous prenons ensuite une rame du train aérien pour joindre la station Asoke. Je
propose d’aller dîner chez « Saras ». Nous commandons deux « Ice-cream
chocolate shake ». J’accompagne le smoothie de quatre bouchées indiennes
choisies dans le display de pâtisseries. A la nuit tombée nous retournons au
Citadines. Devant un éclairage modeste, tout en portant un regard vigilant au
trafic, je suis attentif à l’état des trottoirs et aux toitures de fortune des
comptoirs alimentaires qui jalonnent partiellement la rue. Les thaïs sont
petits dans leur majorité et toutes les constructions des accotements sont
adaptées à leurs statures…

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