samedi 20 février 2016

Un indien du Pendjab à Bangkok…

La matinée se déroule agréablement dans le confort de l’appartement. De la musique et des chansons thaïes emplissent l’espace du « chez nous » en Thaïlande… Différentes recherches sur Internet, effectuées chacun de notre côté, se coordonnent fortuitement. Amusés par ce hasard, nous décidons d’aller déjeuner dans un restaurant indien végétarien situé sur Sukhumvit Soi 22. Nous nous rendons sur place en marchant une dizaine de minutes. Vers midi nous passons devant la tour Exchange où vers la sortie, sur le trottoir, non loin des divers étals affairés, un enfant dort dans un transat bleu marine rayé de bleu clair, de jaune et de rouge. Le bambin thaï sommeille paisiblement. En short bleu et blanc, son buste est couvert d’une serviette éponge vert jade disposée en pelote. L’enfant témoigne de la confiance en la vie, la Terre est sa maison, le brouhaha environnant caresse ses oreilles en berçant son confortable et douillet dodo… Sur Sukhumvit, un tailleur a disposé deux enseignes qui se complètent tout en se contredisant ; il est annoncé sur l’une : « Nous préférons Visa » et sur l’autre : « Nous préférons Master Card » ; amusant !... Nous suivons quelques instants le comptoir roulant d’un marchand de balais et nous prenons à droite. Un beau jeune homme barbu, coiffé d’un madras noir, nous accueille au « Myra » avec une certaine solennité toute indienne. Entre midi et treize heures vingt, nous savourons un petit festin de mets concoctés avec finesse. Des Dahl Tadka, du riz « Paneer Pudina Dum Biryani », du riz « Cheese Corn Pulav » et du thé « Masala Tea » composent la mélodie culinaire interprétée pour les papilles gustatives. Le jeune homme s’enquière de notre bien-être gustatif. Il demande de quel pays nous sommes originaires. Pour sa part il vient du Pendjab, au nord-ouest de l’Inde, à la frontière de l’actuel Pakistan. Les minutes s’écoulent avec légèreté pour nous laisser tout le loisir d’apprécier les mets succulents… Après le repas nous retournons sur Sukhumvit bordé à l’angle des deux voies par l’hôtel Holiday Inn ouvert récemment. Devant l’hôtel, une œuvre originale se dévoile. Elle est composée de diverses statues blanches en mouvement sur des échasses. Une statue isolée grimpe avec une échelle blanche le long d’un palmier. André s’attèle à la suivre. Devant la création originale, sur la chaussée de la route Sukhumvit, longue de quatre cents kilomètres, qui traverse toute la ville de Bangkok, des bus en file indienne attendent le feu vert. Patrick marche d’un pas décidé. Il dépasse un triporteur-étal à roulettes poussé par un vieil homme thaï, déjà croisé en sortant du restaurant. D’un geste de la main, il nous invite à rejoindre sa clientèle. Nous atteignons le parc « Benchasiri Park » agencé sur sa façade principale de fontaines en repos et de massifs fleuris. À son côté, un autre parc, d’attractions celui-là, avec pour thème les dinosaures, est en cours d’achèvement. Il devrait ouvrir en mars. Nous parcourons durant une quarantaine de minutes les allées ombragées du parc. De nombreuses œuvres se dévoilent tout en marchant. Quatre jeunes filles thaïes adultes, de petites statures, habillées de jupes et de tee-shirts noirs, décorés de motifs de science-fiction dorés et ludiques, se divertissent comme des enfants avec moult éclats de rire en glissant sur les fesses dans un toboggan. Autour du lac central, des personnes sont installées sur l’herbe, assises sur des plaids aux couleurs variées. Des familles pique-niquent. Des riverains font la sieste. Des couples se tiennent la main. De jeunes garçons thaïs pratiquent de la musculation dans un espace adapté. Des gens bavardent sur des bancs. Sous un préau hexagonal couvert de tuiles des étudiants bavardent avec animation. Un jeune homme arbore un polo avec les mots « Palm Beach Florida ». Un vieux monsieur, assis sur un banc adossé à un autre abri rectangulaire, coiffé d’un chapeau de paille, des tongs aux pieds, habillé d’une possible salopette verte de jardinier, lit paisiblement le journal. Le regard d’un jeune homme sans compagnie, une casquette kaki sur la tête, assis sur une natte, semble diriger son regard vers le lointain. Je me sens bien parmi tous ces personnages qui suivent chacun leur chemin de vie. Des histoires uniques, empreintes de légendes, à l’imaginaire et aux croyances variés, à la mise en scène individuelle, caressées par le regard et effleurées l’espace d’un instant dans le théâtre commun de la vie. Nous sommes tous à la fois, les uns les autres, des spectateurs et des acteurs sur la scène impermanente et en continuel mouvement de la Vie. Au bord du lac, une pagode sur colonnade ouverte aux quatre vents, au toit rechampi en rouge, dévoile la présence d’un jeune homme allongé sur un banc. Ses yeux sont ouverts sur l’infini. Nous sortons de ce lieu calme et serein pour entrer dans le centre commercial adjacent « Emporium ». A l’entrée de cette autre citadelle de verre et de béton, chaperonné par un chien loup en argent, le salon de thé « 1837 TWG Tea » révèle sa magnificence.  Deux colonnes de cactus en perles de lumière embellissent le seuil doré. Nous le franchissons pour aller siroter un thé. Cette franchise a été découverte pour la première fois à Singapour. Earl Grey, Rooibos et thé à la noix de coco sont commandés. J’apprends l’existence du thé bleu, une variante entre thé noir et thé vert. Une heure de détente à siroter s’offre à nous. Un monsieur russe derrière Patrick déjeune rapidement. Deux amies se restaurent en papotant et en prenant tout leur temps. Présentes à notre arrivée, elles seront toujours assises à notre départ. Trois dames asiatiques et deux enfants se restaurent. J’apprécie de regarder la maman, distinguée, sophistiquée et plaisamment maniérée, tout de blanc vêtue, parée de grosses perles au poignet, au cou et aux oreilles. Les théières capuchonnées d’or sont en harmonie avec la décoration. Un samovar doré pris en photo en premier plan laisse apparaître la présence d’un Patrick songeur assis à la table. Nous visitons ensuite le centre commercial. A l’étage supérieur, au niveau du niveau M qui donne sur la passerelle aérienne, une multitude de lampions rouges, telles de petites montgolfières, est suspendue dans le vaste atrium bordé d’escalators. Chez « Paul Thailand », vers quinze heures trente, un pain brioché abricot et oléagineux est acheté à Lalita. Chez « Asia Books » le livre en langue thaïe « Le Petit Prince » est acquis pour deux cents bahts. Au dernier niveau du Mall, nous découvrons un Food Court où les pâtisseries et les viennoiseries sont à l’honneur. Un Starbucks est parvenu à se glisser parmi les comptoirs. Une fois revenus dans la chaleur extérieure, nous partons à la recherche du restaurant végétarien indien et thaï « Saras ». Nous le trouvons après dix-sept heures sur Sukhumvit 20 Alley à proximité de l’hôtel  Windsor. Une marche jusqu’au métro Sukhumvit permet d’accéder au « Metro Mall » où un salon de coiffure « Easy Cut » a été repéré en janvier. Je glisse dans une machine la somme de cent vingt bahts en billets, environ trois euro, pour une coupe de cheveux. Un jeune homme, muni d’un masque blanc, s’occupe de moi dans une des six alcôves. Ses gestes sont précis, le matériel utilisé est à la pointe du progrès. Un petit aspirateur permet d’enlever les petits cheveux après le passage de la tondeuse. Je suis enchanté de cette expérience. Après dix-huit heures, une rame du train aérien nous dépose un arrêt plus loin à la station «Phrom Phong » devant le complexe « Emporium ». Un dragon géant se dévoile. Nous dînons chez « Paul Thailand ». La clientèle présente dans la salle est asiatique. Mark est notre serveur. Un jus de pomme réalisé sur l’instant et une camomille accompagnent les mets. Un flan coco, une part de tarte à la rhubarbe et deux tartelettes au chocolat sont savourés. Nous retournons au Citadines par le train aérien. Un peu avant vingt heures des morceaux d’ananas sont achetés à l’étal de la jeune thaïe devant la tour Exchange. Un néon fixé sous la toiture légère éclaire les fruits proposés…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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