Une journée
pluvieuse s’annonce au lever du jour. Un peu avant huit heures, un air froid nous
escorte pour aller prendre le petit-déjeuner au « Loft restaurant » à une
centaine de mètres de la réception de l’hôtel. La température a chuté. Le
manteau nuageux défile en alternant les nuances de gris au gré de sa fantaisie
créative. L’écharpe est la bienvenue pour prendre la collation matinale dans la
salle du restaurant totalement ouverte à l’air froid extérieur. La majorité des
restaurants et réceptions d’hôtels de la vieille ville sont ouverts aux quatre
vents car habituellement une chaleur sensible est présente à toute heure du
jour et de la nuit. La froidure actuelle est exceptionnelle et les autochtones
sont habillés comme nous en hiver …avec toutefois une température d’environ 13°
au dire de la dame thaïe bien emmitouflée à la réception. Certains asiatiques
portent même des vêtements en polaire qui rappellent ceux vendus chez Uniqlo.
Je croque des morceaux d’ananas et Patrick déguste des pancakes à la banane
agrémentés de miel. A la table voisine opposée à l’allée centrale une jeune
femme asiatique porte avec élégance une superbe robe bleu-vert décorée de
discrets motifs fleuris blancs. La découpe impeccable flatte sa silhouette
gracile. De retour dans la chambre, la narration de la journée d’hier est
confiée au chronojournal avant un départ vers dix heures vingt. Nirun est
ponctuel. Nous prenons place dans son taxi collectif. Je monte à l’avant à
gauche du conducteur car en Thaïlande les véhicules circulent à gauche. Patrick
s’installe sur une des deux banquettes arrière parallèles à la route. Une pluie
très fine, tel un crachin serein, voile le parebrise. Nirum actionne les
essuie-glaces très occasionnellement. L’habitacle confortable illustre les
croyances du chauffeur. Après environ une heure vingt de conduite et quelques
trente kilomètres parcourus, nous parvenons au jardin botanique « Queen Sirikit
Botanic Garden » étalé sur environ dix kilomètres carrés et situé dans le Parc
national de Doi Suthep-Pui au pied de la montagne Doi Suthep qui culmine à 1676
mètres. Le ticket d’entrée revient à cent baths par personne. Celui du
chauffeur écrit en thaï est sommaire. Celui du touriste présente une photo du
jardin avec en surimpression des informations dont la date du jour, soit le 25
janvier 2559. Le parcours aérien sur la canopée est fermé en raison de la pluie.
Notre chauffeur nous conduit au « Glasshouse Complex », un village de
serres que nous visitons en découvrant différents végétaux. Celle où vivent les
cactus et celle où s’épanouissent les orchidées sont mes préférées. Dans la
serre équatoriale, une cascade salue le visiteur à l’entrée. Alentours un
ensemble paysagé avec divers bosquets taillés participe à la cohésion des abris
des végétaux. La serre aux nénuphars offre de saisir dans l’instant la beauté
solitaire des fleurs aquatiques qui flottent à la surface de l’eau calme des bassins
carrés en pierre sable. Dans certaines serres des artefacts du passé rappelle
que nous sommes en Thaïlande. De-ci de-là de petits bancs blancs en fer forgé
ouvragé incitent à se poser pour des instants de farniente et de contemplation.
Malgré la froidure de l’air et le crachin humide pénétrant, j’apprécie cette
immersion dans l’abondante et luxuriante créativité végétale de la Nature acclimatée
artificiellement par l’Homme. Une heure défile lentement dans le flot du temps
et les treize heures s’annoncent. Nous tentons de déjeuner à côté du magasin de
souvenirs, le seul local chauffé. L’espace restauration est ouvert aux quatre
vents. Le froid et l’offre végétarienne succincte nous incitent à retourner à
Chiang Mai. Une journée chaude et ensoleillée est nécessaire pour découvrir
pleinement le vaste jardin botanique ; ce sera pour une autre fois ou pas.
Nirum, zen et toujours disponible, reprend le volant. En sortant du jardin,
depuis l’arrière du véhicule je prends quelques photos à la volée de l’entrée
principale. En route Nirum s’arrête à son initiative et nous propose de visiter
une fraiseraie. Nous sautons au bas du véhicule pour arpenter d’un pas décidé la
plantation où les fruits naissent à flanc de coteau. Nous grimpons par un petit
chemin détrempé où quelques escaliers taillés dans la terre favorisent la
montée. Sur le plat, au milieu des vastes plates-bandes de fraisiers, je bois un
chocolat chaud Van Houten dans une fraise géante allongée. Le liquide préparé par
un couple bien emmitouflé me réchauffe. Après quelques photos nous faisons le
chemin en sens inverse. En contrebas au bord de la route, une longue cahute rudimentaire
protégée des intempéries par une toiture paillée abrite un espace de vente. Nous
nous joignons à l’affluence et nous achetons environ trois à quatre cents
grammes de fraises séchées pour cent baths, pour moins de trois euro. Nous retournons
à l’arrière du taxi collectif et nous voilà repartis après un remerciement à
Nirum pour cette attention. Lors du trajet, quand la vitesse et les secousses
le permettent, je prends des photos depuis le cul du taxi ouvert sur la
circulation. Nous arrivons à l’hôtel vers quatorze heures trente. Nous
remettons les mille baths convenus à Nirum qui nous remercie en s’inclinant les
mains jointes devant son visage. Un bref passage à l’hôtel précède le déjeuner
tardif chez Nan qui elle aussi porte une doudoune. Pour pallier au froid invité
malgré lui dans la salle allongée du restaurant, je commande un velouté de
courge. Je savoure ensuite un « Tom Yum Fried Rice » à base de riz brun
accompagné de légumes cuits à la vapeur. De son côté Patrick se réchauffe avec
un thé Earl Grey. Il déguste une soupe aigre douce au lait de coco « Tom Kha » où
sont réunis des champignons, des cubes de cœur de palmier, de l’oignon blanc,
des morceaux de tomate et d’autres ingrédients mystères. Un sandwich végétarien
complète son repas. L’addition est réglée à Nan à quinze heures quarante. Le
restaurant est plein. Les tables se libèrent pour être occupées aussitôt. A deux
pas du restaurant l’entrée du temple « Wat Phakhao » est prise en photo. Nous
retournons prestement à l’hôtel en nous faufilant entre les gouttes de pluie. L’actualisation
du blog se complète avec des photos. Les messageries sont consultées. Un peu
avant dix-huit heures nous nous détendons chez D-Bistro dans l’arrière salle
fermée et légèrement chauffée. La décoration est attrayante et chaleureuse. Chocolat
chaud et cappuccino sont sirotés en feuilletant des magazines en langue thaï ;
seules les photos nous parlent. Une bouchée chocolat est offerte à Patrick par
Tithi. Nous choisissons ensuite d’aller dîner frugalement chez « Pakhinai Cafe
» en face de l’hôtel. Contre toute attente la salle est agréablement chauffée.
Toutes les tables sont occupées. Nous nous installons devant la tablette en bois
en bordure de la devanture où je lis à l’envers les mots « Happy New Year
2016 » peints sous forme de médaillon sur le vitrage. Je savoure une part
de gâteau chocolat banane maison et un smoothie malt banane chantilly. Patrick
opte pour une part de gâteau vanille graines de pavot et pour un thé Earl Grey.
Il s’offre un croissant feuilleté au beurre en fin de collation. Après dix-neuf
heures quinze nous traversons la rue en coup de vent pour retourner dans notre
chambre. La soirée se déroule agréablement dans notre chez nous à Chiang Mai...
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