La matinée
offre des temps de lecture et d’écriture. Des informations sont recueillies sur
le réseau ferroviaire thaïlandais. Nous retrouvons la sympathique équipe de «
May Veggie Home » pour le déjeuner. Nous testons en entrée des bouchées de «
gyoza » cuites à l’eau. Il est aléatoire de discerner les ingrédients qui sont
délicieux. Patrick savoure un « Pad-Prik-Pauw » avec du riz brun au
jasmin et je déguste un avocat aux
crudités agrémenté d’arachides. Du jus de carotte maison est siroté. Après le
repas nous nous rendons en métro souterrain à la gare de « Hua Lamphong Railway
Station » dans le dessein d’acheter deux billets de train pour Chiang Mai. Nous passons le traditionnel contrôle de sécurité.
Je photographie Patrick quand il traverse le portillon. A
peine sortis des entrailles de Bangkok, nous voyons la chance apparaître sous
la forme d’une dame avenante qui s’approche de nous pour nous proposer spontanément
son aide. Un badge indique son appartenance au service d’accueil des touristes.
Lors des deux précédents passages à la gare, à aucun moment nous n’avons
remarqué la présence de conseillers. La magie de la vie nous offre la rencontre
adéquate au moment opportun. Une fois informée de notre projet, elle transcrit
à la main sur un papier les renseignements à présenter à un des guichets de la
gare. Souriante, efficace et prévenante, elle ajoute que si le train est
complet ce jour-là, il conviendra de revenir vers elle. Avec un air entendu, elle
saura nous obtenir deux places. Ravis et reconnaissants, nous la remercions
chaleureusement. Nous sommes reçus par un jeune agent à un des nombreux guichets
du hall principal. Nous lui remettons les informations en thaï, nous lui
présentons les cartes d’identités demandées …et quelques instants plus tard, une
fois le paiement effectué, nous recevons deux billets pour Chiang Mai. Il est
quatorze heures trente. Sur le reçu de la carte de crédit on peut lire « The
State Railway of Pathumwan » avec le montant réglé qui s’élève à 1282 bahts,
soit environ trente-cinq euros pour les deux billets pour une distance à
parcourir de quelques sept cents kilomètres …inimaginable en France ! Nous
retournons vers notre bienfaitrice pour la congratuler. Elle s’intéresse à
notre périple de l’après-midi et se propose d’organiser le trajet vers notre
destination. Elle nous emmène vers un tuk-tuk et fournit les indications nécessaires
au conducteur en déterminant le prix à payer. Un baisemain traduit mon
remerciement et ma chaleureuse sympathie. Nous voilà parmi la circulation
mouvementée de Bangkok dans une chorégraphie harmonieuse où les deux-roues et
les tuk-tuk mènent la danse autour des voitures limitées dans leur mouvement
qui se contentent de suivre le flux quelle que soit sa vitesse. La dextérité, la
conduite intrépide et avisée à la fois des divers conducteurs s’est émancipée
de la dépendance au klaxon pour la joie des tympans. Nous sommes déposés à une encablure
du Grand Palais. Les deux cents bahts convenus sont donnés au conducteur qui
remercie avec un sourire. Nous passons devant le vaste et somptueux ministère de
la défense, « démocratie militaire » oblige, et nous découvrons de
séduisants « Pink Elephants ». L’ouvrage représente trois têtes d’éléphants
roses au centre d'un rond-point sur la jonction « Sanam Luang » près
du Grand Palais. Il a été érigé lundi 5 Décembre 2011, jour férié annuel, pour
célébrer le 84ème anniversaire du roi Rama IX couronné en 1946. Une
foule impressionnante entre et sort du Grand Palais où se trouve le temple du
Bouddha d'émeraude. Le site présente une superficie de plus de deux cent mille
mètres carrés. L’enceinte longue de mille neuf cent mètres fut construite en
1782 lorsque le roi Rama 1er initia la construction du Palais. Devant
le ministère de la Défense un touriste barbu anglophone nous a informés de la
nécessité de porter un pantalon de toile pour visiter le Palais, le short étant
inadapté. A cet effet, nous suivons une file d’attente pour emprunter contre
une caution le vêtement indiqué. Ensuite nous tentons, vainement, de trouver l’entrée
du Palais. Différentes files d’attente sont constituées. Je suis dérouté et déconcerté
par cette effervescence. Le soleil darde des rayons brulants. Je tente sans
succès de trouver quelqu’un pour nous renseigner. Devant cette situation
inextricable Patrick propose de rendre les pantalons. J’acquiesce à sa suggestion.
Nous sortons du site. Mon esprit est quelque peu perturbé. Après un temps d’hésitation
et d’indécision de ma part, nous prenons la direction de Chinatown. En chemin
Patrick suggère de prendre le bateau pour éviter un long temps de marche. Nous
atteignons l’embarcadère « Tha Tien » situé devant le temple Wat Pho. L'affluence
est énorme et l'animation enfiévrée. Nous tentons, avec succès, de monter à
bord. La sueur me dégouline dans le dos. Un couple qui s’est trompé d’embarcation
joue des coudes pour descendre alors que bateau commence à s’éloigner du ponton.
La dame manque de tomber à l’eau. Debout à la poupe, la vitesse aidant, j’apprécie
d’être rafraichi par le vent. Devant la confusion du départ, plusieurs
personnes voyagent gratuitement, nous compris. Nous descendons au débarcadère «
Rachawongse » au niveau de Chinatown. Nous suivons la rue « Ratchawong Road »
bordée de multiples échoppes en tous genres à l’approvisionnement et à l’achalandage
impressionnants. Contre toute attente, nous aboutissons au niveau du Grand
China Hotel. Patrick en profite pour se désaltérer en terrasse avec une eau
gazeuse San Pellegrino achetée à seize heures trente-six au jeune Jirapon au
Starbucks du palace. Une fillette, entourée de ses grands-parents, évolue à nos
côtés. Elle grignote un épi de maïs en papillonnant d’un adulte à l’autre. En
partant je complimente la jeune maman restée sur le bord du trottoir avec la
poussette. Nous suivons tranquillement la rue « Yaowarat Road ». Les
comptoirs sur les trottoirs sont rares, lundi semble être le jour férié
hebdomadaire. Nous traversons un canal en empruntant un superbe pont pour
joindre le périmètre de la gare. Nous prenons le métro pour rejoindre
Sukhumvit. Un passage au Terminal 21 précède le dîner vers dix-huit heures
trente chez « May Veggie Home ». La nuit tombe alors que nous marchons sur
la passerelle aérienne. Patrick opte pour un « Pad Pong Karee Taohoo »
au riz blanc avec un jus d’ananas. Je jette mon dévolu sur un smoothie chocolat
banane savouré lentement avec deux cookies dattes avoine et deux boules de
glace vegan cacao banane. Les minutes passent agréablement. La soirée se
continue au Citadines dans le confort de notre « chez nous » à
Bangkok…
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