Quelques nuages rougissants s’étiolent à l’horizon. L’air
est clair et limpide. La montagne surgit tel un navire à l’orée de la ville :
Chiang Mai. Le piaillement des oiseaux restent timide en cette fraiche matinée.
Puis la chaleur s’élève lentement pour bruler les rues de ses rayons solaires.
Après le déjeuner au restaurant végétarien « Taste from
Heaven », nous décidons de sortir en dehors de la vielle ville. Nous
franchissons la Porte Thapae et remontons la rue éponyme. Nous marchons sur le trottoir
à l’ombre. Sur une échoppe qui déborde sur l’accotement, j’aperçois la revue
française « Gavroche Thaïlande » du mois de Janvier. Elle est
destinée aux francophones expatriés dans cette partie de l’Asie. Je l’achète
pour cent baths.
Pendant notre trajet, nous tombons sur le Wat Dok Kam. De
nombreuses sculptures d’animaux composent une partie importante de la
décoration des deux temples présents sur le site. Un remarquable trésor artistique se révèle à nous avec une étonnante
richesse des motifs et des scènes en relief sur les volets des fenêtres.
Le temple principal s’élève sur deux niveaux. Les touristes
visitent avec curiosité le second où repose deux bouddhas un en tek et l’autre
en vert émeraude. Cependant ils boudent le rez-de-chaussée qui est une bibliothèque.
Des livres (en Thaïs) sont à la disposition libre des visiteurs. Nous
feuilletons quelques un et admirons la qualité des illustrations.
Entre les massifs arborés où sont regroupés de nombreuses
statues d’animaux, des vendeurs offrent à la vente des cages d’oiseaux pour
cent baths les trois ou deux cents les cinq. Lorsque nous les avons achetés,
nous les libérons cela porte bonheur parait-il.
Alors André en fait l’acquisition d’un lot de trois. J’entends
le piaillement triste des trois petites créatures aillées qui pleurent
enfermées dans leur cage. Le pépiement ressemble à un appel de détresse. La
petite prison est fermée par une languette en feuille de palme. Elle cède
rapidement sous l’action d’André. La cage s’ouvre et les oiseaux sont libres.
Ces derniers s’envolent vers les cieux.
L’un d’eux revient
vers moi. Il pose délicatement sa tête fragile sur ma paume. J’entends sa
tristesse. Il demande la libération de son compagnon. Dans quelle cage ? L’oisillon
s’envole et se pose sur la prison qui retient son aimé. J’offre au vendeur cent
baths pour libérer l’amant séquestré. Les volatils s’envolent dans les airs.
Puis une nuée d’oiseaux
tourne au-dessus de notre tête, ils portent en leur bec un objet au teint
rosâtre. D’un seul coup, ils le lâchent et il pleut des fleurs. Les gens crient
au miracle. Ainsi les bois de palmier se mettent à se tordre dans tous les
sens. Les barreaux des prisons s’élargissent et laissent les oiseaux s’envoler.
Fin du conte.
Après cet épisode conté, nous atteignons le fleuve et
décidons à revenir sur nos pas. Nous trouvons un vélo-taxi. Le personnage haut
en couleur nous conduit jusqu’au Starbucks coffee pour nous désaltérer. Lorsque
nous sortons, la lumière décline et les nuages rougissent au-dessus de Chiang
Mai.
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